« Oreilles sales » chez le chat : ce dépôt noir que vous frottez au coton-tige cache un vrai problème à traiter vite

Publié le ParRédaction Elle adore
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En voyant ce dépôt noir dans l’oreille de son chat, elle a cru à un simple manque d’hygiène. Pourtant, chez chiens et chats, ce signe banal cache souvent une affection bien plus sérieuse.

Elle avait juste remarqué que son chat secouait un peu plus la tête. En regardant de plus près, l’intérieur du pavillon semblait couvert d’un dépôt noir dans l’oreille, sec et granuleux. Pensant à un simple manque d’hygiène, elle a sorti le coton-tige, frotté… et vu revenir la “saleté” dès le lendemain.

En ce début février 2026, où l’on vit davantage enfermé avec ses animaux, ce scénario se répète dans de nombreux foyers. Ce que beaucoup prennent pour des oreilles négligées correspond en réalité, dans la très grande majorité des cas, à une gale des oreilles provoquée par un acarien, l’Otodectes cynotis. Derrière ce faux cérumen, un parasite travaille en silence.

Un cérumen noir façon “marc de café” qui trahit l’Otodectes cynotis

Le signe le plus parlant reste l’aspect de marc de café. L’écoulement est sec, friable, noirâtre, parfois comparable à du terreau. Il ne s’agit pas de poussière : cette masse est un mélange de cérumen, de sang coagulé et de déjections d’acariens. À l’inverse, un cérumen normal tire plutôt vers le jaune ou le brun clair. Penser qu’un bain ou un rinçage à l’eau fera disparaître ce dépôt est une erreur fréquente.

Le responsable est minuscule, mais bien réel. Cet acarien vit à la surface de la peau du conduit auditif externe et se nourrit de débris de peau et de fluides tissulaires. Il se reproduit vite, forme une véritable colonie et se transmet facilement entre chiens et chats d’un même foyer. L’oreille “sale” n’est donc pas un manque de soin, mais le signe d’une invasion.

Démangeaisons et douleur : une urgence médicale relative pour l’animal

Ce que l’on voit n’est que la partie émergée du problème. L’activité des acariens provoque une irritation mécanique permanente et souvent une réaction allergique locale, à l’origine d’un prurit intense. L’animal se gratte jusqu’au sang, gémit parfois, garde la tête penchée, secoue frénétiquement les oreilles. Son confort de vie est entamé, jour et nuit, par ces démangeaisons qui ne lui laissent aucun répit.

Si rien n’est fait, les conséquences peuvent être lourdes :

  • formation d’otohématomes, ces poches de sang dans le pavillon liées aux secousses répétées de la tête ;
  • surinfection bactérienne ou à levures, transformant la gale en otite purulente douloureuse ;
  • perforation du tympan dans les cas avancés, avec risque de troubles de l’équilibre.

Nettoyage insuffisant : un vrai traitement sur trois semaines s’impose

Un simple nettoyage retire les débris, mais ne tue pas les acariens ni leurs œufs. Pour éradiquer la gale, il faut un acaricide spécifique. Le cycle de vie du parasite dure environ 21 jours, ce qui explique pourquoi une application isolée échoue presque toujours : les adultes meurent, mais les œufs éclosent ensuite et l’infestation repart. Le protocole vétérinaire associe nettoyant auriculaire adapté, gouttes dans l’oreille ou pipette spot-on, avec une rigueur de trois semaines au minimum.

Dès l’apparition de ce dépôt noir typique et de démangeaisons marquées, le réflexe doit être la consultation vétérinaire, non le coton-tige. Seul un examen otoscopique permet de confirmer la présence d’acariens et de vérifier l’intégrité du tympan avant tout traitement. Comme la gale est très contagieuse entre chiens et chats, il est fréquent que tous les animaux du foyer soient traités en même temps, même si un seul montre ces fameuses oreilles “juste sales”.

Sources :

  • L’eczéma de l’oreille : diagnostic et traitements
  • En bref

    • En février 2026, une maîtresse découvre un dépôt noir dans l’oreille de son chat, symptôme typique d’une possible gale des oreilles.
    • Le vétérinaire explique que ce faux cérumen noir résulte d’acariens Otodectes cynotis et impose un protocole combinant nettoyage auriculaire et traitement antiparasitaire.
    • Les risques de complications, la contagion au reste du foyer et la durée réelle du traitement transforment ce simple détail en enjeu majeur pour l’animal.