Arrêtez de tout donner au travail : ce psy alerte sur les dégâts cachés et la stratégie à adopter

Publié le ParRédaction Elle adore
Arrêtez de tout donner au travail : ce psy alerte sur les dégâts cachés et la stratégie à adopter © Reworld Media

Se donner à fond, répondre à tous les mails, rester joignable tard le soir : cette loyauté semble payante. Un psy du travail montre pourtant comment ce réflexe finit par vous coûter cher.

Dans un entretien d’embauche ou un nouveau poste, beaucoup ont le même réflexe : se donner à fond, dire oui à tout, rester joignable en permanence. On croit alors sécuriser sa place, prouver qu’on mérite son salaire, voire prendre une longueur d’avance sur les collègues plus réservés.

Ce réflexe répond souvent à un vieux scénario intérieur : le syndrome du bon élève. On empile les missions, on se rend disponible pour chaque urgence, on joue les super-héros du bureau. Sur le moment, l’adrénaline fait illusion. Mais pour un psy du travail, cette façon de tout donner au travail finit par se retourner contre vous.

Tout donner au travail : multitâche, validation et piège du bon élève

Les premiers jours, l’envie de briller pousse à exhiber toutes ses compétences, surtout la fameuse capacité à être multitâche. Toujours dire oui, optimiser chaque minute, répondre à tous les messages donne l’impression d’une motivation sans faille. En réalité, ce besoin de reconnaissance externe épuise, car l’identité entière se retrouve accrochée au regard du manager et aux to-do lists rayées.

Le cerveau, lui, ne traite pas plusieurs tâches complexes en même temps. Il saute d’une demande à l’autre, perd le fil, multiplie les allers-retours mentaux. Répondre à des mails pendant une visio ou corriger un dossier tout en suivant le chat d’équipe donne une impression d’efficacité, mais fragmente l’attention, augmente les erreurs et favorise la fatigue cognitive.

Se rendre indispensable : quand tout donner au travail fait disparaître

Dans beaucoup d’équipes, le travail finit toujours par tomber sur la personne qui sait tout faire. Résultat : elle récupère les tâches secondaires, chronophages, rarement mises en avant dans les entretiens annuels. Peu à peu, ce salarié devient l’assistant général du service, loin de son cœur de métier, tandis que ses projets à forte valeur restent au second plan.

A force d’être partout, l’expertise principale se dilue. On retient le spécialiste d’un sujet pointu, beaucoup moins celui qui gère tout ce qui traîne. Ce sur-investissement peut glisser vers le workaholisme : journées longues, rendement qui baisse, vie sociale qui se réduit, symptômes physiques liés au stress, signaux possibles d’épuisement professionnel ou de burnout.

Incompétence stratégique : apprendre à moins donner pour mieux travailler

Pour préserver sa santé mentale, des psychologues du travail évoquent une arme étonnante : l’incompétence stratégique. Il ne s’agit pas de mal faire, mais de ne plus exhiber toutes ses compétences annexes. Vous savez réparer l’imprimante ou mettre en page des présentations impeccables ? Gardez-le pour vous. En retirant ces services invisibles, vous récupérez du temps pour vos missions prioritaires.

Ce tri va de pair avec un recentrage sur vos besoins psychologiques : autonomie, sens et lien social, décrits par le psychologue Jeremy Dean. Dire non à certaines demandes, bloquer des plages sans mails ni notifications, accepter d’être vraiment concentré sur une seule tâche, tout cela trace des limites nettes. Quand ce cadre se clarifie, les conditions de travail et l’équilibre de vie s’apaisent souvent ensemble.

Sources

En bref

  • Un psy du travail analyse pourquoi tant de salariés cherchent à tout donner au travail, entre syndrome du bon élève et besoin de validation.
  • Multitâche permanent, disponibilité totale et rôle de couteau suisse transforment peu à peu la bonne volonté en surmenage et en risques d’épuisement professionnel.
  • Le concept d’incompétence stratégique, associé à la recherche d’autonomie, de sens et de lien social, ouvre une piste inattendue pour rééquilibrer sa vie professionnelle.