Melons : si un ancien vous montre ce geste sur les jeunes tiges, vous ne reconnaîtrez plus vos récoltes cet été
© Reworld Media
Au potager, un ancien m’a soufflé un pincement précis sur mes melons en juin, au-dessus de la deuxième feuille. Depuis, mes récoltes ont changé d’allure, au point de surprendre tout le voisinage.
Au potager, il y a des phrases qui marquent une vie de jardinière. Un jour, un ancien a simplement soufflé devant un rang de melons maigrelets : « Coupe au-dessus de la deuxième feuille et tu ne reconnaîtras plus tes récoltes ». Un geste, presque rien… et pourtant décisif.
Depuis, ce coup d’ongle précis est devenu le rituel du mois de juin pour celles et ceux qui rêvent de fruits sucrés, bien ronds, au lieu d’une mer de feuilles. Car derrière cette coupe au-dessus de la deuxième feuille, se cache une vraie stratégie de croissance, idéale pour les petits jardins comme pour les bacs de balcon.
Pourquoi ce petit pincement change tout sur vos melons
Le melon (Cucumis melo) est une grande liane de la famille des cucurbitacées, comme la pastèque. Sa particularité ? Les fleurs femelles, celles qui donneront les fruits, apparaissent surtout sur les rameaux de deuxième et troisième génération, pas sur la tige principale. Sans taille, la plante s’étire, produit surtout des fleurs mâles et beaucoup de verdure.
Le pincement des melons vient justement forcer la plante à se ramifier là où se formeront les fruits. Bien conduit, un seul pied peut porter plusieurs melons bien calibrés, juteux et parfumés, là où un plant laissé en liberté donne souvent quelques boules tardives, petites et fades.
Le bon moment : quatre vraies feuilles et un geste précis
Tout se joue au bon stade. On attend que le plant ait quatre vraies feuilles, en plus des deux petites feuilles rondes de départ (les cotylédons). Par temps sec, de préférence le matin, on repère ces quatre feuilles sur la tige principale, on désinfecte son sécateur… ou on prépare simplement son ongle.
On compte alors la première, puis la deuxième vraie feuille, et l’on coupe juste au-dessus de cette deuxième feuille. La tige principale est étêtée, ce qui déclenche la naissance de deux rameaux vigoureux. Lorsque chacun porte cinq feuilles, on les pince à leur tour au-dessus de la troisième feuille pour multiplier les tiges porteuses de futures fleurs femelles.
De la jungle à la récolte : limiter pour sucrer
Après ces tailles successives, la plante forme une petite jungle bien ordonnée. Sur chaque rameau, on garde les premiers fruits bien placés et l’on vise trois à six melons par pied en pleine terre, deux ou trois en pot. On pince alors deux feuilles après chaque fruit et l’on supprime les grandes feuilles qui l’étouffent. D’ailleurs, un bon paillage et une tuile ou un galet sous chaque melon gardent la chair propre et saine.
- Au stade 4 vraies feuilles : coupe au-dessus de la 2e.
- Rameaux à 5 feuilles : pincement au-dessus de la 3e.
- Fruits formés : on garde les mieux placés, on coupe deux feuilles après eux et on arrose régulièrement au pied sans détremper.
Sources
En bref
- 🌱 En juin, un ancien montre au narrateur la coupe au-dessus de la deuxième feuille sur ses melons, bouleversant sa manière de conduire le potager.
- ✂️ Geste de pincement ciblé au stade des quatre vraies feuilles, puis tailles successives sur les rameaux pour favoriser les fleurs femelles et limiter la jungle.
- 🍈 Récoltes groupées, melons plus sucrés et calibrés, même en bacs ou en régions aux étés courts, deviennent possibles grâce à cette taille d’étêtage méconnue.
Abonnez-vous pour ne rien rater de l’actualité