Fourmis sur vos pivoines : cette erreur de printemps qui détruit sans le savoir une précieuse protection naturelle
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Au printemps, des colonnes de fourmis sur les pivoines affolent souvent les jardiniers. Et si ces insectes étaient surtout des alliés, sauf dans quelques situations limites ?
Au printemps, les boutons de pivoine se gonflent, ronds et brillants… et, du jour au lendemain, une file de fourmis les recouvre. Beaucoup de jardiniers imaginent aussitôt une attaque et sortent le pulvérisateur, persuadés de sauver leurs fleurs.
En réalité, ces fourmis sur les pivoines signalent le plus souvent des plantes en pleine santé. Avec plus de 285 espèces recensées en France, la plupart des fourmis sont de précieux auxiliaires du jardin ; la clé consiste à comprendre ce qu’elles viennent chercher… et les rares cas où il faut intervenir.
Pourquoi les fourmis se ruent sur les boutons de pivoine
Sur une pivoine herbacée, les boutons fermés deviennent luisants, légèrement collants. Ce n’est pas une maladie, mais un nectar produit par de minuscules nectaires extrafloraux sur la peau du bouton. Pour les fourmis, ce sucre est un festin : quelques éclaireuses le goûtent, tracent une piste de phéromones, puis toute la colonie suit.
Le spectacle peut inquiéter, pourtant les insectes ne rongent ni feuilles, ni pétales, ni tiges ; ils se contentent de lécher le nectar en surface. Une fois les fleurs ouvertes et la production de sucre arrêtée, les fourmis désertent la plante. Les pivoines arbustives et hybrides pivoines Itoh, qui sécrètent peu de nectar externe, attirent d’ailleurs beaucoup moins de visiteuses.
Pivoines et fourmis : une alliance plus qu’un problème
Nous avons tous déjà grimacé devant ces colonnes noires, alors qu’il s’agit d’une vraie alliance. La pivoine paie en sucre ; en retour, les fourmis patrouillent en permanence, bousculent pucerons, petites chenilles et coléoptères, et limitent ainsi naturellement les dégâts. Les biologistes parlent de mutualisme ou de myrmécophilie pour décrire cette coopération plante–insecte.
Cette garde rapprochée est d’autant plus intéressante que la majorité des plus de 285 espèces de fourmis françaises sont de vrais auxiliaires du jardin. Contrairement à une vieille croyance, elles n’aident pas les fleurs à “s’ouvrir” ; la floraison dépend surtout de la météo et de la vigueur de la touffe. Tant qu’elles restent sur les boutons, le bon geste est simplement d’observer… et de ranger les produits anti-fourmis.
Les seuls cas où les fourmis deviennent vraiment gênantes
Deux situations méritent d’intervenir. La première, c’est la fourmilière installée au pied de la touffe : sol qui s’affaisse, monticules de terre, tiges qui penchent sans raison.
Dans ces cas-là, l’objectif est de déplacer, pas d’éradiquer : arrosages répétés pour casser les galeries, réduction des pucerons au jet d’eau, puis, pour un bouquet, tiges plongées quelques minutes dans l’eau froide à l’ombre pour que les fourmis s’éclipsent d’elles-mêmes.
Sources
En bref
- Au printemps, des fourmis sur les pivoines inquiètent les jardiniers, alors que les boutons brillants signalent des plantes vigoureuses en pleine montée de sève. 🐜
- Les fourmis profitent du nectar des boutons tout en dérangeant pucerons et petites chenilles, formant une alliance de type mutualisme myrmécophile autour des pivoines. 🌸
- Seuls quelques signes précis au pied de la plante ou sur des rosiers voisins transforment ces auxiliaires du jardin en présence vraiment gênante. 🔍
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