Feuilles qui jaunissent, fleurs qui tombent : ce que cachent vos aubergines malades et comment les sauver sans chimie
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Feuilles qui jaunissent, fleurs qui chutent, fruits qui noircissent : vos aubergines tirent la sonnette d’alarme. Entre maladies, ravageurs et simples stress, l’enjeu est de bien viser l’ennemi.
Vos plants d’aubergine semblaient promis à une récolte généreuse, puis les feuilles ont jauni, les fleurs sont tombées, et quelques fruits se sont tachés de noir. Difficile de savoir si l’on a affaire à une vraie maladie, à un ravageur ou à un simple coup de stress de la plante.
Plante du soleil, l’aubergine a eu besoin de chaleur régulière : sa croissance s’est bloquée sous 10 °C et elle ne s’est vraiment épanouie qu’au-delà de 20 °C. Entre nuits fraîches, canicules et arrosages irréguliers, les maladies et ravageurs de l’aubergine trouvent vite une porte d’entrée… à condition de savoir les reconnaître pour intervenir naturellement.
Faux problèmes : cul noir et fleurs qui tombent, pas toujours des maladies
Le fameux « cul noir » de l’aubergine, ou nécrose apicale, a inquiété plus d’un potager. Une tache noire et sèche est apparue à la base du fruit, comme brûlée. On l’a souvent prise pour un champignon, alors qu’elle a surtout été liée à un arrosage irrégulier et au stress hydrique. Paillage généreux, arrosages réguliers mais sans excès et bonne fertilisation de départ ont déjà limité ce souci sur bien des parcelles.
La chute brutale des fleurs a, elle aussi, fait paniquer plus d’un jardinier. Elle survient lorsque les températures sont passées sous 15 °C ou au-dessus de 35 °C, ou quand la pollinisation a manqué. Sous serre, on a parfois oublié d’aérer ; en plein champ, le vent ou la pluie ont bousculé les fleurs. Protéger les plants des extrêmes, ouvrir les serres aux heures fraîches et installer des fleurs mellifères à proximité a souvent suffi à stabiliser la situation.
Ravageurs de l’aubergine : pucerons, acariens et doryphores à l’affût
Les pucerons, verts ou noirs, ont colonisé le revers des feuilles et les jeunes pousses pour en sucer la sève. Les feuilles se sont crispées, déformées, puis sont devenues collantes à cause du miellat, parfois couvert de fumagine noire. En prime, ces insectes ont pu transmettre des virus comme la mosaïque du tabac. Une solution douce consiste à pulvériser de l’eau additionnée de savon noir liquide (environ 5 %), à déloger les premières colonies avec un jet d’eau et à encourager coccinelles et syrphes en laissant quelques fleurs sauvages au jardin.
Par temps très chaud et sec, les araignées rouges, ou tétranyques tisserands, ont terni les feuilles, qui ont jauni, tout en laissant de fines toiles visibles à contre-jour. Doucher régulièrement le feuillage le matin ou le soir les a fait reculer, ces acariens détestant l’eau. Dans les potagers très surveillés, des acariens prédateurs comme Phytoseiulus persimilis ou la punaise Macrolophus pygmaeus ont été introduits avec succès. Quant au doryphore, ce scarabée rayé jaune et noir, adultes et larves rouge orangé ont dévoré les feuilles ; le ramassage minutieux des insectes et des grappes d’œufs jaunes, complété au besoin par du Bacillus thuringiensis sur les jeunes larves, a sauvé bien des plants.
Maladies de l’aubergine : du mildiou à la verticilliose
Par temps chaud et humide, le mildiou a laissé sur les feuilles des taches brunes d’aspect brûlé, avec un feutrage blanc grisâtre au revers ; certains fruits ont bruni et pourri. Arroser au pied sans mouiller le feuillage, espacer les plants et supprimer aussitôt les feuilles atteintes a déjà limité les dégâts, complété éventuellement par un voile léger de bouillie bordelaise ou du purin de prêle en préventif. En serre ou en climat très humide, la pourriture grise (botrytis) s’est manifestée par un feutrage gris duveteux sur tiges, fleurs et base des fruits ; les parties touchées ont été coupées avec des outils désinfectés, puis la serre a été largement aérée.
Quand un feutrage blanc farineux a recouvert les feuilles avant qu’elles ne sèchent et tombent, l’oïdium s’est installé. Un lait écrémé dilué à 10 % pulvérisé par une journée ensoleillée, ou du soufre mouillable, a freiné ce champignon de surface. Plus sournoise, la verticilliose a fait flétrir un seul côté du plant, qui s’est desséché alors que le sol restait humide ; l’intérieur de la tige a bruni, signe d’un champignon du sol sans traitement curatif fiable. Dans ce cas, arracher le plant, éviter toutes Solanacées pendant 3 à 4 ans, pailler soigneusement et choisir des variétés résistantes a permis de repartir sur de bonnes bases.
Sources
En bref
- Au potager, l’aubergine subit pucerons, mildiou, oïdium et verticilliose quand chaleur, humidité et arrosages irréguliers fragilisent les plants. 🌿
- Des gestes simples limitent les dégâts : taille ciblée, arrosage au pied, traitements naturels doux et renfort d’auxiliaires protègent durablement les aubergines. 🛠️
- En combinant observation fine, kit de soins naturels et quelques renoncements stratégiques, chaque plant d’aubergine peut transformer une attaque en saison encore productive. 🔍
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