Gratin dauphinois : arrêtez de mettre du fromage, ce mélange inattendu rend les pommes de terre ultra-fondantes
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Le gratin dauphinois sans fromage fait son grand retour sur nos tables d’hiver. Entre tradition dauphinoise et astuce de cuisson, un détail change tout.
Un dimanche d’hiver, les vitres couvertes de givre et le four qui embaume l’ail, la crème chaude et la pomme de terre : l’image du gratin dauphinois réconforte rien qu’en y pensant. Longtemps, beaucoup ont recouvert ce plat d’une épaisse couche de gruyère râpé, persuadés que le secret du fondant se cachait là.
Or, dans les cuisines familiales, un retour aux bases s’impose : de plus en plus de cuisiniers retirent totalement le fromage et redécouvrent la version traditionnelle, née dans le Dauphiné, où seules la pomme de terre, la crème et le lait font le travail. Le résultat surprend par son onctuosité, avec des tranches qui se tiennent mais fondent sous la fourchette.
Pourquoi le gratin dauphinois authentique se passe de fromage
À l’origine, le gratin dauphinois est un plat paysan d’une grande simplicité : pommes de terre, lait entier, crème liquide entière, ail, beurre, sel, poivre et une pointe de muscade. Pas de fromage, pas d’œuf, juste quelques ingrédients soigneusement choisis pour sublimer le goût du tubercule. Le fromage, lui, appartient plutôt aux gratins savoyards ou aux gratins modernes de pommes de terre.
Tout se joue dans la variété de pomme de terre et dans son amidon. Les cuisiniers privilégient des pommes de terre à chair ferme, comme la Charlotte ou l’Amandine, qui gardent une belle tenue tout en devenant crémeuses. Une fois les rondelles coupées, il ne faut surtout pas les rincer : l’amidon en surface va épaissir la crème et lier le plat naturellement, exactement ce que beaucoup attendent du fromage.
Crème, lait et amidon : le trio qui remplace le fromage
Le « remplaçant » du fromage, c’est ce mélange précis de crème entière, de lait entier et d’amidon. La recette traditionnelle mise sur une crème à au moins 30 % de matière grasse, mélangée à du lait entier dans un ratio d’environ deux tiers de crème pour un tiers de lait, par exemple 60 cl de crème pour 40 cl de lait. En cuisant longuement à 150 °C pendant 1 h 30, les pommes de terre boivent ce bain lacté, qui se concentre et prend une texture nappante.
En surface, la crème réduit, les sucres du lait et de la pomme de terre caramélisent avec les protéines : une croûte dorée apparaît, sans le moindre gramme de gruyère. Si la coloration va trop vite, on peut poser une feuille de papier aluminium et la retirer une vingtaine de minutes avant la fin. Quelques noisettes de beurre sur le dessus renforcent ce chapeau croustillant, bien plus fin qu’une couche de fromage fondu.
Pas à pas, réussir un gratin dauphinois ultra fondant à la maison
Le geste de départ compte : frotter un plat en faïence avec une gousse d’ail coupée, puis le beurrer généreusement. On épluche 1,5 kg de pommes de terre Charlotte ou Amandine, on les tranche en rondelles fines d’environ 3 mm, sans les laver. On les dispose en couches, en salant, poivrant et muscadant légèrement chaque étage, puis on verse le mélange crème-lait jusqu’à effleurer la surface. Le plat part au four à 150 °C pour 1 h 30, sans couvercle. Servi avec un gigot d’agneau ou une simple salade verte, il se réchauffe aussi très bien le lendemain avec un filet de crème et un passage doux à 120 °C, tout en gardant son fondant incroyable.
En bref
- En plein hiver, le gratin dauphinois sans fromage revient en force, remis à l’honneur par les amateurs de cuisine traditionnelle et familiale.
- Une nouvelle manière de préparer les pommes de terre promet un plat ultra fondant, en misant sur la texture naturelle du tubercule et la cuisson.
- Cette approche bouscule les habitudes gruyère râpé et change totalement la croûte, l’onctuosité et les arômes du gratin dauphinois traditionnel.
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