Hiver sans chauffage : cette maison passive coupe les radiateurs et fait presque disparaître la facture d’énergie
© Reworld Media
Et si votre salon restait à 20 °C en plein mois de février alors que les radiateurs sont coupés ? La maison passive promet un hiver différent, chiffres à l’appui.
Imagine un matin de février, le thermomètre extérieur affiche -5 °C, la pelouse est blanche de givre… et pourtant le salon est à 20 °C, en tee-shirt, alors que les radiateurs restent froids. Dans beaucoup de foyers français, cette scène ressemble encore à un rêve, surtout depuis que les factures d’énergie grimpent hiver après hiver.
Ce fonctionnement sans chaudière porte un nom précis : la maison passive. Conçue pour traquer les pertes de chaleur, elle limite le besoin de chauffage à environ 15 kWh/m²/an, soit jusqu’à 90 % d’énergie en moins qu’une maison existante. En France, cela donne des factures souvent autour de 100 à 300 € par an, contre 1 500 à 2 500 € pour un pavillon classique.
Maison passive : une enveloppe qui garde chaque calorie
Plutôt que de produire beaucoup de chaleur, la maison passive se comporte comme un grand thermos. Murs, toiture et plancher sont entourés d’une couche d’isolant bien plus épaisse que dans une construction courante, continue tout autour du bâtiment. La chaleur qui entre reste piégée, ce qui maintient les pièces à une température presque constante, sans zones froides près des murs ou des fenêtres.
Pour que cet équilibre tienne même par -5 °C, l’architecture joue avec le soleil. De grandes baies vitrées orientées au sud laissent entrer la lumière quand il est bas, les sols et murs intérieurs stockent cette chaleur, tandis que le triple vitrage et les gaz isolants emprisonnés entre les vitres limitent fortement les pertes.
Étanchéité, ventilation et apports internes : la maison qui respire sans chauffer
Il faut aussi empêcher l’air froid de s’infiltrer par les moindres fentes. La construction est donc rendue très étanche, contrôlée par un test de porte soufflante qui mesure les fuites d’air. Les ponts thermiques aux jonctions des murs, planchers ou balcons sont traités, de sorte que la température des parois intérieures reste proche de celle de l’air, ce qui renforce la sensation de cocon.
Comme l’air ne passe plus librement par les fuites, la maison reçoit une ventilation double flux. Ce système extrait l’air humide et chaud des pièces d’eau, fait passer l’air neuf dans un échangeur où il récupère l’essentiel de cette chaleur, puis le souffle dans le séjour et les chambres autour de 18 ou 19 °C, en filtrant pollens et poussières.
Passer l’hiver sans chauffage : qui fournit la chaleur manquante ?
Une fois les pertes réduites, le moindre apport devient utile. Le corps humain dégage déjà 80 à 100 watts au repos : une famille réunie au salon équivaut à un petit chauffage, complété par la chaleur de la cuisine, du frigo, de l’ordinateur ou de l’éclairage. Ajouté au soleil qui traverse les vitrages, ce bouquet de petites sources couvre l’essentiel des besoins. Dans les régions les plus froides, un simple poêle ou une petite résistance sur la ventilation sert d’appoint, ce qui suffit pour envisager un hiver sans chauffage au sens des gros radiateurs classiques.
En bref
- En plein hiver en France, la maison passive promet un intérieur à 20 °C sans radiateurs classiques, grâce à une conception thermique très exigeante.
- Isolation renforcée, triple vitrage, étanchéité à l’air et ventilation double flux transforment le bâtiment en véritable thermos qui limite fortement les besoins de chauffage.
- Entre apports solaires, chaleur des habitants et petit appoint, cette maison sans chauffage classique bouscule nos repères de confort et nos factures énergétiques.
Abonnez-vous pour ne rien rater de l’actualité