Poules qui ne pondent plus : cette erreur avec les grains en hiver bloque la reprise de la ponte chez vous

Publié le ParRédaction Elle adore
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En fin d’hiver, de nombreux éleveurs voient leurs pondoirs rester vides alors que les jours rallongent. Et si la vraie cause se cachait dans la gamelle, entre maïs et blé à foison ?

Les journées rallongent, le thermomètre remonte un peu… mais les pondoirs restent vides. Beaucoup de propriétaires de poulailler vivent cette fin d’hiver : des poules qui mangent, ont l’air en forme, pourtant aucun œuf dans le panier. On accuse le froid ou la race. Bien moins visible, un autre coupable se cache dans la mangeoire : trop de grains empêche vos poules de reprendre la ponte.

En février, la lumière naturelle atteint déjà le niveau qui devrait relancer la ponte. La photopériode stimule l’hypophyse, qui envoie les signaux hormonaux à l’appareil reproducteur. Pourtant, l’organisme de la poule classe ses priorités : d’abord maintenir sa température, ensuite finir une éventuelle mue, et seulement ensuite produire des œufs. Si l’alimentation hivernale est mal équilibrée, la chaîne se bloque en silence… et le panier reste obstinément vide.

Trop de grains : quand maïs et blé coupent l’élan de vos poules

En plein hiver, beaucoup remplissent généreusement les auges de maïs et de blé pour « tenir le coup » face au froid. Ces céréales sont surtout composées de glucides : elles apportent beaucoup de calories, mais peu de matériaux de construction. Résultat, les poules stockent cette énergie sous forme de graisse abdominale sans que cela se voie toujours. Quand le ventre s’arrondit, le foie et les ovaires se retrouvent comprimés, ce qui bloque tout simplement la capacité de pondre.

Autre frein, moins évident : la qualité des nutriments. Un œuf est une petite bombe de protéines. Or les céréales tournent autour de 8 à 10 % de protéines seulement, alors qu’une pondeuse en reprise a besoin d’un aliment qui avoisine les 16 à 18 %. Trop de grains, même distribués avec amour, créent donc des poules bien nourries… mais incapables de fabriquer le blanc et le jaune faute de briques suffisantes.

Carences invisibles : protéines, calcium et eau manquent malgré la gamelle pleine

Quand la gamelle déborde de grains, elle laisse peu de place aux aliments riches en protéines ou en calcium. Or ces deux éléments sont indispensables pour bâtir l’œuf. Sans assez de protéines, impossible de former un blanc consistant. Sans assez de calcium, la poule préfère suspendre la production plutôt que fragiliser son squelette.

En hiver, autre détail trompeur : plus on nourrit en grains secs, plus l’eau devient vitale pour digérer. L’œuf contient près de 75 % d’eau, et quelques heures sans boire suffisent à enrayer la ponte. Si l’abreuvoir gèle ou reste sale, les poules se détournent, se déshydratent peu à peu et tout l’équilibre nutritionnel s’effondre.

Réduire les céréales et rééquilibrer le menu dès février

La bonne nouvelle, c’est qu’il suffit souvent de rééquilibrer la ration plutôt que de nourrir plus. Dès février, on peut diminuer progressivement la part de maïs et de blé au profit d’aliments plus « constructeurs » :

  • Vers de farine ou insectes séchés riches en protéines.
  • Légumineuses bien cuites : lentilles, pois cassés, haricots.
  • Restes de viande ou de poisson toujours cuits.
  • Coquilles d’huîtres broyées en libre-service pour le calcium.
  • Verdure d’hiver : choux, salades, orties séchées, herbe coupée.

Pour ménager le système digestif, la transition s’étale sur une dizaine de jours, avec des rations d’aliment complet bien mesurées. Si l’on veille aussi à une eau propre, de préférence tiède en hiver, les pondoirs se remplissent à nouveau.

En bref

  • Fin d’hiver, en février, des poules bien nourries ne pondent plus alors que la photopériode suffisante devrait déjà relancer progressivement leur appareil reproducteur.
  • Une ration trop riche en maïs et blé provoque surpoids, carences en protéines et calcium, et bloque discrètement le mécanisme de ponte.
  • En rééquilibrant grains, apports protéiques, calcium et eau, un changement progressif peut transformer le contenu des pondoirs, avec des effets parfois surprenants.