Février : ce geste tout bête des Allemands pour sauver les hérissons, à copier d'urgence au jardin
© Reworld Media
En Allemagne, les jardins s’organisent dès février pour offrir un vrai coup de pouce aux hérissons affaiblis par l’hibernation. Avec quelques matériaux simples, votre coin de verdure peut devenir leur refuge idéal sans perdre son charme.
En Allemagne, les jardins ne dorment pas vraiment en février. Alors que beaucoup de Français attendent le printemps pour s’occuper de la faune, les jardiniers d’outre-Rhin préparent déjà le terrain pour accueillir le hérisson, ce chasseur nocturne qui débarrasse potagers et massifs des limaces et escargots.
Février reste pourtant un mois piégeux pour ce petit mammifère en hibernation. Ses réserves de graisse ont fondu, il supporte mal les variations de température et le moindre redoux peut le réveiller alors que les proies se font encore rares. C’est précisément à ce moment-là que les jardiniers allemands sortent leur atout.
Février, le mois où les Allemands sécurisent déjà les hérissons
Les spécialistes rappellent que cette période est une vraie zone de danger : les hérissons, endormis depuis l’automne, ont parfois perdu jusqu’à 30 % de leur poids. Un épisode doux les incite à sortir, puis le froid revient, l’animal ne trouve rien à manger et s’épuise. En Allemagne, l’idée est simple : stabiliser son environnement pour éviter ces allers-retours fatals.
Au lieu de nettoyer le jardin dès les premiers rayons de soleil, les jardiniers y créent ou y renforcent des refuges très isolants. Ces gîtes gardent une température plus constante, amortissent les redoux, et offrent un abri sec si le hérisson se réveille quand même pour bouger ou boire. L’objectif est de prolonger son repos jusqu’au vrai retour de la nourriture.
Au fond du jardin, un Igelburg façon allemande avec trois fois rien
Ce refuge porte un nom en Allemagne, l’Igelburg, littéralement “château pour hérisson”. Inutile pourtant d’acheter une cabane : un coin tranquille et un peu de récup’ suffisent. La méthode à copier ressemble à ceci :
- Choisir un endroit calme, à l’abri du vent, plutôt au nord ou à l’est.
- Empiler des bûches ou grosses branches pour former une petite chambre intérieure.
- Laisser un tunnel d’entrée d’environ 12 cm de diamètre, trop étroit pour les chiens ou renards.
- Recouvrir le tout de feuilles mortes en dôme bien compact, d’au moins 50 cm de hauteur.
- Ajouter une bâche, une planche ou de grosses écorces pour que l’intérieur reste parfaitement sec.
Si vous avez déjà un tas de bois ou un compost au fond du jardin, les Allemands conseillent de ne surtout pas le déplacer en fin d’hiver. Ils ajoutent simplement une couche de feuilles par-dessus en février, pour épaissir l’isolation et transformer ce coin en véritable cocon thermique.
Eau, croquettes et coin sauvage : la routine allemande à reproduire
Même avec un bon abri, certains hérissons affamés sortent tôt, parfois squelettiques. Là-bas, beaucoup de jardins prévoient une petite station de ravitaillement : quelques croquettes pour chat au poulet ou spéciales hérissons, disposées le soir près du refuge, et surtout une coupelle d’eau fraîche, peu profonde et changée régulièrement. Le lait, le pain et les restes de table, eux, restent bannis car ils provoquent des troubles digestifs graves.
Dernier réflexe copié sur les voisins allemands : accepter un jardin un peu moins “nickel”. Laisser un coin de feuilles, quelques herbes hautes, des tas de bois non dérangés en février. En échange, le hérisson, espèce protégée en France, patrouille la nuit et limite naturellement limaces, escargots et larves, sans granulés chimiques ni effort de votre part. Un simple tas de feuilles bien placé peut changer l’équilibre de tout un potager.
En bref
- En février, les jardiniers allemands aménagent déjà leurs jardins pour protéger les hérissons affaiblis, quand beaucoup de Français attendent encore le retour du printemps.
- Ils misent sur des abris très isolants, un point d’eau sûr et un nourrissage d’appoint discret pour stabiliser l’environnement de ces auxiliaires du jardin.
- Adopter cette routine inspirée d’outre-Rhin transforme un simple tas de feuilles ou quelques croquettes en véritable assurance vie pour le potager.
Abonnez-vous pour ne rien rater de l’actualité