Ce détail dans votre haie sauve les hérissons et ramène les oiseaux dès la fin de l'hiver
© Reworld Media
À la fin de l’hiver, quand vous ratissez le pied des haies, un hérisson affamé dépend parfois de ce que vous laissez derrière vous. Ce discret aménagement change aussi la vie des oiseaux du jardin.
En février ou mars, au moment où la lumière revient et où l’on rêve de tout nettoyer au jardin, beaucoup de haies font peau neuve à grands coups de râteau. Bord net, sol nu, feuilles à la déchetterie : la scène semble parfaite. Sauf qu’un petit animal discret, le hérisson d’Europe, vit ce réflexe comme un coup dur. Tout se joue dans quelques dizaines de centimètres au pied de votre haie.
Car un simple coin laissé un peu en bazar peut transformer votre terrain en refuge. Un tas de feuilles mortes et de petits branchages, juste au pied de la haie, associé à un bol d’eau peu profond, suffit à aider les hérissons à passer l’hiver au jardin. Et, bonus inattendu, ce même recoin devient un vrai point de rendez-vous pour les oiseaux dès la fin de l’hiver.
Fin d’hiver : quand les hérissons dépendent des haies
De novembre à mars, le hérisson hiberne dans un nid de feuilles et d’herbes sèches. En sortie de torpeur, vers février-mars, il peut avoir perdu jusqu’à 40 % de son poids et cherche fiévreusement un abri et de l’eau. En ville, près d’un hérisson sur quatre finit écrasé, et la disparition des haies comme les jardins trop propres compliquent encore sa survie. Espèce protégée en France depuis 1981, il compte beaucoup sur nos jardins pour tenir jusqu’au printemps.
Les spécialistes rappellent que ces animaux parcourent 4 à 6 km par nuit et peuvent visiter jusqu’à 16 jardins pour trouver de quoi boire et se cacher. D’où l’importance d’un simple point d’eau au pied de la haie. Un bol large et peu profond, renouvelé souvent, devient vite un repère : « Un petit geste, presque anodin, qui peut sauver une multitude de vies pendant l’hiver », a résumé la RSPCA, citée par Charente Libre.
Tas de feuilles au pied de la haie : un refuge discret mais vital
Au ras du sol, un jardin trop net devient un désert. En retirant toutes les feuilles et branches, on supprime la couverture qui protège la microfaune et les cachettes pour les petits mammifères. À l’inverse, la LPO a observé qu’un tas de débris végétaux d’environ 1 m³, dans un coin tranquille, augmente la présence de hérissons et de rouges-gorges de 35 % dès la sortie de l’hiver.
Ce volume crée un microclimat : à l’intérieur, l’air reste plus doux, à l’abri du vent et du gel. Pour un hérisson épuisé qui émerge de son nid principal, ce tas au pied de la haie devient une chambre de transition, où il finit sa nuit ou se cache en journée. Les oiseaux insectivores comme le rouge-gorge, le troglodyte mignon ou le merle noir y trouvent vers, cloportes et larves, un véritable buffet naturel.
Comment installer ce détail dans votre haie en un après-midi
La bonne nouvelle, c’est que ce refuge demande surtout… de ne pas trop en faire. Il suffit de choisir un coin au pied de la haie, plutôt exposé sud ou sud-est et à l’abri des vents dominants, puis de regrouper sur place feuilles mortes et petites branches au lieu de les emmener à la déchetterie, votre dos vous remerciera. Laissez le tas légèrement aéré, sans le tasser.
Sources
En bref
- En février-mars, le hérisson d’Europe sort d’hibernation, amaigri jusqu’à 40 %, et mise sur les haies de nos jardins pour survivre.
- Un simple aménagement laissé au pied de la haie crée un micro-habitat qui profite à la fois aux hérissons et aux oiseaux insectivores.
- Ce coin de haie, installé en quelques gestes et presque sans entretien, pourrait bien devenir le cœur vivant de votre jardin d’hiver.
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