Votre chat fait cette grimace bouche ouverte en reniflant : la vraie raison cache un étonnant super-pouvoir

Publié le ParRédaction Elle adore
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Votre chat renifle un coussin, relève la tête et affiche une grimace bouche ouverte qui ressemble à un profond dégoût. Derrière ce réflexe félin se cache pourtant un étonnant mécanisme secret.

Votre chat renifle un coussin, relève la tête, retrousse les babines et reste figé, la bouche entrouverte, avec un air de profond écœurement. Tout le monde autour éclate de rire en se disant qu’il trouve décidément que la maison sent mauvais. Pourtant, cette scène n’a rien à voir avec une critique de votre ménage.

Ce drôle de rictus apparaît souvent en hiver ou au début du printemps, quand l’activité hormonale et territoriale des félins se réveille. On a alors tendance à projeter nos émotions humaines de dégoût sur lui, par pur anthropomorphisme. En réalité, derrière cette **grimace bouche ouverte** se cache un mécanisme sensoriel bien plus sophistiqué qu’il n’y paraît.

Grimace bouche ouverte du chat : un réflexe, pas du dégoût

Quand il fait cette tête, votre chat ne fuit pas une odeur affreuse, il se penche au contraire dessus avec une curiosité extrême. Là où un humain se boucherait le nez, lui bloque volontairement sa respiration normale pour mieux « attraper » certaines molécules. Les babines retroussées et le regard dans le vague, il déclenche ce que les vétérinaires appellent le **réflexe de Flehmen**.

Ce comportement est parfaitement normal et très fréquent quand il examine un coin de tapis, une chaussure, la litière ou un meuble marqué par un autre animal. Il se fige quelques secondes, comme un ordinateur en plein traitement de données. Loin d’être un signe de dégoût, c’est la preuve que son équipement sensoriel fonctionne à plein régime.

Réflexe de Flehmen et organe de Jacobson : comment votre chat analyse une odeur

Derrière cette mimique se cache un « super-pouvoir » anatomique que les humains ont perdu : l’**organe de Jacobson**, ou organe voméronasal. Situé sur le palais, juste derrière les incisives supérieures, il est relié à deux petits conduits. Quand le chat entrouvre la gueule, ferme ses narines et aspire par la bouche, l’air chargé d’odeurs file directement vers ce deuxième nez, à mi-chemin entre l’odorat et le goût.

Grâce à ce circuit spécial, il peut analyser des molécules lourdes et des composés chimiques non volatils que son nez classique ne repérerait pas avec autant de finesse. Son **odorat** est déjà bien plus performant que le nôtre, et cet organe ajoute encore un étage à la fusée. Pendant ces quelques secondes figées, une véritable mini-analyse de laboratoire se déroule dans sa bouche, sans douleur ni malaise pour lui.

Phéromones et messages cachés : ce que votre chat lit avec cette grimace

Ce que votre compagnon traque surtout, ce sont les **phéromones** laissées par ses congénères ou par lui-même. En reniflant un marquage urinaire ou un simple frottement, il peut décoder l’identité du chat passé par là, son sexe, son état de santé, sa disponibilité sexuelle, mais aussi faire la différence entre un marquage territorial et une urine de peur. C’est son « journal local » ou ses réseaux sociaux chimiques.

Un seuil de porte, un sac de courses, vos chaussures revenues de l’extérieur deviennent alors de véritables fils d’actualité pour lui. Tant que la bouche reste entrouverte quelques secondes, sans bruit, sans halètement ni agitation, il s’agit d’un Flehmen normal. Une respiration bouche ouverte prolongée, bruyante, avec salivation ou langue qui bleuit, en revanche, doit conduire à consulter un vétérinaire sans attendre.

En bref

  • En hiver ou au printemps, un chat renifle un objet, se fige, babines retroussées et grimace bouche ouverte pendant quelques secondes.
  • Les vétérinaires décrivent ce comportement comme un réflexe normal d’analyse d’odeurs complexes, activé quand le chat examine un coin marqué ou des phéromones.
  • Mais une bouche ouverte prolongée, bruyante ou associée à d’autres signes inquiétants peut signaler tout autre chose, avec des conséquences que les maîtres ignorent.