Mort de leur maître : ce que les vétérinaires révèlent enfin sur ces chiens qui cessent de manger et se laissent aller
© Reworld Media
Après la mort de son maître, un chien qui ne mange plus affole souvent la famille. Entre mythe du suicide et vraie dépression, que se joue‑t‑il vraiment ?
Le bol reste plein, le regard s’éteint, les promenades ne l’intéressent plus : après la mort de son maître, certains chiens semblent glisser, jour après jour, vers un lent abandon. Ces images rappellent les histoires de fidélité absolue, de Hachikō au chien veillant une tombe.
Dans les cabinets vétérinaires, la question revient sans cesse : un chien se laisser mourir de chagrin après la perte de son maître, est‑ce vraiment possible ? La science décrit plutôt un mélange de stress intense, de dépression et de troubles physiques. La frontière, vue de l’extérieur, paraît pourtant déroutante.
Deuil du chien : quand la perte du maître fait vaciller tous les repères
Quand le propriétaire disparaît, le chien perd son repère central. Les routines de repas et de sorties volent en éclats, l’odeur familière s’efface. La perte entraîne alors un bouleversement hormonal massif : le niveau de cortisol, hormone du stress, s’élève, l’appétit chute et le système immunitaire se fragilise, jusqu’à une véritable dépression canine. Beaucoup de chiens souffrent alors d’anorexie psychogène : ils ne décident pas de jeûner par hommage, leur stress coupe simplement toute envie de manger.
À Guéret, le gendarme maître‑chien Charly M. parle de Vasco, son malinois : « l’entraînement de Vasco passe uniquement par le jeu. » Pour lui, « c’est par conséquent bien moins éprouvant pour lui ». « On l’emmène dans différents lieux : en forêt, en ville, dans les fêtes foraines, pour le déconditionner au maximum. » et, pour le mordant, « ce n’est pas seulement apprendre au chien à mordre, c’est aussi lui enseigner les limites et les situations qui peuvent potentiellement être dangereuses. » « C’est avant tout un métier passion, sans ça on ne peut pas être maître de chien. », confie‑t‑il à La Montagne. « Il y a une formation de trois mois et demi pour devenir maître de chien. » et « Il y a certaines qualités à démontrer pour devenir maître de chien et en accepter les contraintes ». « Je suis quelquefois appelé pour capturer ou isoler des chiens errants ou de compagnie lors d’opérations, dans ces moments-là Vasco reste en retrait. », poursuit‑il, rappelant que « je m’étais déjà engagé dans une technicité dans l’armée de terre et il m’était difficile d’en changer. » et que « Je ne pourrais jamais changer de boulot. »
Un chien peut-il vraiment choisir de se laisser mourir de chagrin ?
Pour parler de suicide, il faudrait qu’un chien comprenne la mort comme une solution à sa souffrance et anticipe un futur sans lui. Or il vit surtout dans l’instant et l’association d’odeurs, de sons, de gestes.
Les spécialistes rappellent qu’aucune étude scientifique ne montre qu’un chien se laisse mourir volontairement de chagrin : il reste figé dans l’attente du maître, tellement stressé qu’il n’arrive plus à manger ou à jouer.
Aider un chien en deuil de son maître au quotidien
Pour l’aider, gardez une routine de repas et de sorties, même s’il mange peu. Proposez des aliments tièdes et odorants, bougez avec lui. Si l’apathie persiste, un vétérinaire pourra envisager phéromones apaisantes ou antidépresseurs temporaires.
En bref
- Après la mort de son maître, certains chiens se replient, boudent la gamelle et donnent l’impression de se laisser mourir de chagrin.
- Les vétérinaires décrivent plutôt un pic de cortisol, une véritable dépression canine et parfois une anorexie psychogène qui fragilise fortement l’organisme.
- Entre maintien d’une routine, stimulation olfactive et traitements, des leviers existent pour aider un chien en deuil de son maître à remonter la pente.
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