Troubles auditifs chez l’enfant : ces signaux et étapes clés à suivre au plus vite pour préserver son langage

Publié le ParRédaction Elle adore
Troubles auditifs chez l’enfant : ces signaux et étapes clés à suivre au plus vite pour préserver son langage © Reworld Media

Un enfant qui n’entend pas bien peut voir son langage, sa scolarité et ses relations bouleversés. Du premier doute aux aides financières, ce guide trace les étapes clés d’une prise en charge précoce, sans oublier le quotidien des familles.

Un bébé qui ne sursaute pas quand une porte claque, un tout-petit qui ne répond pas à son prénom, un enfant qui parle très peu : derrière ces scènes du quotidien peuvent se cacher de véritables troubles auditifs chez l’enfant. En France, environ 1 enfant sur 1 000 naît avec une surdité bilatérale sévère à profonde, et la moindre perte d’audition peut freiner les apprentissages.

Sans audition suffisante, le cerveau reçoit moins de sons pour construire les premiers mots, puis le langage social et scolaire. Un retard peut apparaître dès la deuxième année. La bonne nouvelle, c’est qu’un repérage rapide et un parcours coordonné offrent souvent un développement du langage très proche de celui des enfants entendants. Tout l’enjeu est de suivre les bonnes étapes, au bon moment.

Dépistage néonatal et suivi : la première marche pour protéger l’audition

Depuis 2012, le dépistage néonatal de la surdité est proposé à tous les bébés en maternité. Deux tests indolores, les potentiels évoqués auditifs automatisés et les otoémissions acoustiques, mesurent la réaction du nerf auditif et de l’oreille interne. « Ces deux techniques sont complémentaires et validées par les conférences de consensus internationales. Elles permettent de dépister les surdités moyennes à profondes, unilatérales ou bilatérales », explique un pédiatre interrogé par Les Pros de la Petite Enfance.

Le carnet de santé 2025 renforce ce filet de sécurité. « Alors que les contrôles auditifs étaient jusqu’alors recommandés à 10 reprises entre la naissance et 16 ans, ils sont désormais prévus à 19 moments clés : à 2 semaines, puis à 1, 2, 3, 4, 5, 6, 8, 11, 12, 16/18, 24 mois, et à 3, 4, 5, 6, 8/9, 11/13, 15/16 ans ! », précise le même spécialiste. Ce suivi aide à repérer les surdités apparues après la naissance.

Des premiers signes au bilan pluridisciplinaire : les étapes décisives

Certaines surdités restent invisibles à la naissance ou surviennent plus tard, à cause d’une cause génétique, d’une infection comme une méningite ou des otites séreuses répétées. Les parents et les pros doivent consulter si plusieurs signaux se cumulent :

  • Absence de réaction aux bruits soudains ou à l’appel du prénom
  • Peu ou pas de babillage, premiers mots très tardifs
  • Enfant anormalement calme en milieu bruyant, ou qui parle fort et fait répéter
  • Isolement, colères fréquentes, morsures

En crèche, c’est souvent une professionnelle qui alerte : un petit de 18 mois qui ne tourne pas la tête quand on l’appelle, qui gazouille seulement, finit par être adressé au médecin. Celui-ci oriente vers l’ORL pour le diagnostic, puis vers un bilan pluridisciplinaire : séances d’orthophonie, audioprothésiste, parfois pose de diabolos en cas d’otites séreuses.

Appareillage, communication et quotidien : donner toutes ses chances au langage

Quand la surdité de perception touche l’oreille interne, l’ORL propose un appareillage auditif pédiatrique ou un implant cochléaire ; pour les surdités rétrocochléaires, on introduit parfois tôt la langue des signes. Plus l’enfant est équipé tôt, plus son cerveau profite des sons travaillés ensuite en orthophonie, surtout si la famille parle face à lui, lit des histoires et limite les bruits de fond. La Sécurité sociale prend en charge l’essentiel, complété par la Prestation de Compensation du Handicap via la Maison Départementale des Personnes Handicapées (MDPH).

En bref

  • En France, 8 500 enfants par an présentent des troubles auditifs, avec un impact direct sur le développement du langage et la vie scolaire.
  • Du dépistage néonatal aux bilans ORL, orthophoniques et audioprothétiques, chaque étape de la prise en charge façonne les futures compétences langagières.
  • Appareillage précoce, langue des signes, adaptations à la maison et à l’école esquissent des pistes, mais leur combinaison exacte dépend de nombreux facteurs individuels.