Ce geste sous la douche que tout le monde fait ruine vos cheveux : même les coiffeurs l'abandonnent
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En plein hiver, de plus en plus de Français renoncent à la douche brûlante pour leurs cheveux, sous l’impulsion des coiffeurs. Que révèle vraiment cette nouvelle routine sur notre cuir chevelu ?
La salle de bain se transforme en hammam, la vapeur envahit le miroir, la peau rougit sous le jet brûlant. En plein hiver, ce rituel a tout de la parenthèse réconfortante, surtout quand on reste de longues minutes à se savonner les cheveux sous l’eau bouillante en espérant un décrassage « en profondeur ». Pourtant, ce geste sous la douche, que l’on répète parfois chaque jour, est en train d’être abandonné jusque chez les coiffeurs.
L’idée que l’eau très chaude laverait mieux les cheveux vient des casseroles grasses et de la vaisselle. Sur un cuir chevelu vivant, cette logique ne tient pas : la biologie ne réagit pas comme une assiette. Et là, la question qui fâche se pose : que fait vraiment l’eau trop chaude sur les cheveux à force de coulées brûlantes et de shampoings répétés ?
Pourquoi l’eau trop chaude sur les cheveux n’est plus le réflexe des salons
Au fond, tout part du geste. Une formule comme « Ici, le goût naît du geste », utilisée par le Conseil départemental de Meurthe-et-Moselle et citée par Ici C Nancy, pourrait presque s’appliquer à la salle de bain : la manière dont on ouvre le mitigeur change tout pour le cuir chevelu. Celui-ci est protégé par un film hydrolipidique, mélange de sueur et de sébum, qui joue le rôle de bouclier contre les agressions et la déshydratation.
Quand l’eau arrive trop chaude, elle liquéfie et dissout ce film en quelques secondes. La peau se retrouve nue, se dessèche, tiraille, gratte parfois dès que l’on a terminé de se sécher. L’eau élève aussi l’agressivité des tensioactifs du shampoing, ce qui favorise des pellicules sèches, simples morceaux de peau qui partent en poussière. On croit alors avoir un problème de propreté, alors que le souci vient surtout du thermostat.
Cheveux gras, frisottis et couleur qui fuit : les dégâts cachés de l’eau brûlante
Face à ce décapage thermique, les glandes sébacées se mettent en mode alerte et fabriquent du sébum « en quantité industrielle » pour compenser. Résultat : racines qui regraissent dès le lendemain, puis réflexe de relaver encore plus souvent. Le lavage quotidien à l’eau brûlante entretient ce cercle où l’on transforme parfois une chevelure normale en type gras difficile à maîtriser, uniquement à cause de la température de l’eau.
Les longueurs paient aussi l’addition. Les écailles du cheveu, disposées comme des tuiles, s’ouvrent sous l’effet de la chaleur et finissent par ne plus se refermer complètement. La fibre devient poreuse, rêche, casse plus facilement, les frisottis se multiplient. Pour les cheveux colorés, cette ouverture constante offre une sortie directe aux pigments, qui finissent littéralement dans les canalisations, rendant la couleur terne bien plus vite que prévu.
La routine fraîcheur que les coiffeurs recommandent face à l’eau trop chaude
Les salons font leur révolution silencieuse : le shampoing vigoureux à l’eau fumante laisse place à des lavages plus espacés, souvent en mode low-poo, avec peu de tensioactifs et une eau tempérée autour de 37 °C, voire un peu moins. Moins laver, c’est préserver la matière mais aussi économiser des milliers de litres d’eau et l’énergie pour les chauffer. Comme un label « Made in 54 » raconte l’origine d’un produit, l’état des longueurs raconte d’un coup d’œil si l’on a abusé de la chaleur.
Pour changer sans se punir, l’idée n’est pas de passer à la douche glacée, mais de régler progressivement le mitigeur vers une eau tiède qui ne fait plus rougir la peau. Un dernier rinçage à l’eau fraîche suffit à refermer les écailles et à donner une brillance presque miroir sans silicone. En espaçant les shampoings avec l’aide d’un peu de shampoing sec ou de coiffures protectrices, le cuir chevelu se calme, la production de sébum se régule et la chevelure retrouve souplesse et éclat, simplement grâce à un léger réglage du robinet.
En bref
- En hiver, de nombreux Français s’acharnent sous une eau brûlante, tandis que les coiffeurs alertent sur les dégâts invisibles pour le cuir chevelu.
- Les spécialistes expliquent comment l’eau chaude, associée à des shampoings fréquents, bouleverse le sébum, fragilise la fibre capillaire et accélère la fuite des colorations.
- Une routine plus tiède, des lavages espacés et un simple geste final promettent pourtant des cheveux souples et brillants que ce que l’on imagine.
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