Potiron au four ou en soupe : cette règle méconnue vous dit quand garder la peau… ou la retirer
© Reworld Media
Peut-on vraiment manger la peau du potiron ou faut-il l’éplucher avant cuisson ? Entre velouté, rôtis au four et vapeur, quelques repères changent tout en cuisine.
Un potiron posé sur la planche, l’économe dans la main, et la même question qui revient chaque automne : faut-il enlever cette peau épaisse avant cuisson ou la laisser jouer son rôle de coque protectrice au four ou à la vapeur ?
En réalité, la réponse dépend de la texture voulue (velouté lisse ou morceaux rustiques), du mode de cuisson et de la variété de courge utilisée. Avec quelques repères simples, on sait vite si la peau du potiron doit rester ou partir.
Potiron avec ou sans peau : la règle de base pour décider
Pour un potiron classique d’hiver, la peau reste souvent dure, fibreuse, et même une longue cuisson ne la rend pas agréable à mâcher. En soupe, purée ou gratin, elle peut laisser des petits filaments et des bords un peu « carton » qui cassent l’effet velouté recherché.
C’est pour cela que les recettes de velouté, de purée très lisse ou de gratin fin conseillent d’éplucher le potiron, au couteau ou à l’économe, avant de le couper en cubes ou en tranches. En revanche, sur de petites courges à peau fine, la question se pose autrement.
Quand garder la peau du potiron, du four à la vapeur
Sur certaines courges, garder la peau fait partie du plaisir. Le chef Nicolas Bottero résume cette approche dans le Guide Michelin : « Le potimarron est le premier à faire son apparition, fin août sur les étals, je le cuis avec la peau. J’aime bien la courge spaghetti, elle est drôle avec ses filaments, elle plaît aux enfants, même si elle n’a pas trop de goût. Le potiron, j’en fais des soupes ou des veloutés. J’ai un faible pour la courge galeuse. On l’appelle ainsi en raison de l’aspect rugueux de sa peau. Dans la famille des coloquintes, j’aime bien la jack be little, une petite courge que je fais cuire entière, ensuite je coupe le chapeau, je creuse la chair et la farcis de crème et de champignons. En revanche, certaines courges, comme la courge bleue, n’ont pas un grand intérêt gustatif. »
Pour le potiron à la vapeur, la peau ne fond pas vraiment et peut gêner en purée. On peut toutefois la garder sur des cubes de 3 à 4 cm pour une salade tiède ou un plat rustique, puis la retirer facilement juste après cuisson, quand la chair est encore chaude.
Dans quels cas enlever la peau du potiron sans hésiter
Dès que la peau est très dure au couteau, épaisse ou un peu amère, mieux vaut l’enlever, quitte à cuire d’abord la courge quelques minutes pour faciliter l’épluchage. Les chefs font le même choix : Nicolas Bottero décrit ainsi la courge longue de Nice : « On est en pleine saison, le plus difficile est de faire un choix. Je travaille la courge longue de Nice pour plusieurs raisons : d’abord il y a peu de perte, c’est un peu comme un long butternut, elle offre beaucoup de chair et peu de graines, mais je l’épluche car sa peau est assez épaisse. Deuxièmement, sa chair se tient très bien à la cuisson, elle n’est pas filandreuse comme peut l’être celle de la courge muscade. Pour la cuisson, qui dépend de la maturité de la courge et de la taille des morceaux, je recommande de toujours vérifier, comme en pâtisserie, avec la lame d’un couteau. J’apprécie particulièrement son goût intense, fruité et légèrement sucré. »
Avant de trancher, on peut garder en tête quelques repères rapides :
- Velouté, purée lisse, gratin fin : peau retirée.
- Quartiers rôtis en gros morceaux : peau possible si tendre.
- Enfants ou intestins fragiles : potiron sans peau.
- Non bio ou peau très abîmée : lavage minutieux ou épluchage.
En bref
- Potiron d’automne, velouté ou quartiers rôtis, cuisines familiales et conseils du chef Nicolas Bottero se croisent autour d’une même question de peau.
- Repères concrets expliquent quand éplucher le potiron ou garder la peau selon texture souhaitée, mode de cuisson et variété de courge.
- Les exemples de soupes, gratins, vapeur et cuisson au four réservent quelques surprises sur la peau du potiron et ses limites en bouche.
Abonnez-vous pour ne rien rater de l’actualité