Éducation positive : en donnant tout à vos enfants, vous pourriez les priver de ce repère crucial pour leur avenir

Publié le ParRédaction Elle adore
Éducation positive : en donnant tout à vos enfants, vous pourriez les priver de ce repère crucial pour leur avenir © Reworld Media

En voulant donner à ses enfants tout ce qu’il n’a pas eu, un parent se heurte à l’épuisement et à des enfants fragilisés. Comment transformer l’amour en cadre qui rassure sans cesser d’être imparfait ?

Un père résume son histoire d’un sourire fatigué : il a donné à ses enfants tout ce qu’il n’avait pas eu. Plus de câlins, plus de cadeaux. Plus de sécurité que dans sa propre enfance. Pourtant, quelque chose cloche encore dans la relation avec ses enfants.

Entre les discours d’éducation positive, centrés sur le ressenti de l’enfant, et l’appel au retour de l’autorité, beaucoup de parents se sentent perdus. Ils veulent éviter les manques, les colères, les humiliations qu’ils ont connues. Et finissent parfois par ne presque plus savoir dire non.

Quand on veut donner à ses enfants tout ce qu’on n’a pas eu

Un témoignage de parent, marqué par le manque, résume ce mouvement de réparation. « J’ai donné à mes enfants tout ce que je n’avais pas et une partie de ce que j’avais, et la chose la plus importante que je leur ai donnée, celle dont je suis le plus fier et le plus incertain, c’était l’image d’un parent qui essayait encore de comprendre qui il était, qui apprenait encore, qui acceptait encore d’avoir tort, et j’espère que cela a ressemblé pour eux à du courage, parce que de l’intérieur cela ressemblait surtout au fait d’être perdu. », a confié un parent dans VegOut.

Ce « tout donner » peut vite devenir un mode de vie : cadeaux multipliés, horaires organisés autour des enfants, disputes évitées en cédant au moindre caprice. Au début, les parents y voient une preuve d’amour. Puis arrivent l’épuisement, la sensation de ne plus exister en dehors de son rôle.

Pourquoi tout donner n’aide pas toujours un enfant à grandir

Pour la psychologue Caroline Goldman, les limites éducatives sont aussi nécessaires que l’amour. Dans son livre File dans ta chambre, elle parle de la nécessité pour l’enfant « d’intégrer l’apprentissage de la frustration sereinement, en douceur et sans aucun dommage collatéral ». « Cet apprentissage fondamental permettra ensuite à l’enfant de passer rapidement à d’autres chantiers de construction, à la fois plus confortables et bien plus passionnants, tant pour lui-même que pour son entourage », a-t-elle expliqué, citée par Psychologies.

Quand un parent dit non, le système limbique de l’enfant, qui gère les émotions intenses, s’active et la crise éclate. Pour se calmer, il doit faire appel à son cortex préfrontal ; répété souvent, cet effort renforce ce « muscle » et sa confiance. Des recherches publiées dans le Journal of Child and Family Studies montrent que des parents très présents, qui anticipent tout et n’imposent aucune limite, ont des enfants plus anxieux et plus déprimés. « Un enfant qui ne vit pas de frustration devient tyrannique ou fragile. », a prévenu Caroline Goldman dans son podcast.

Le vrai cadeau : un cadre, de la frustration et un parent imparfait

Poser un cadre clair, c’est aussi une façon de dire « je t’aime ». Nommer l’émotion de l’enfant, reconnaître sa colère ou sa déception, tout en maintenant un non ferme, l’aide à découvrir qu’il peut traverser la tempête sans se briser.

Pour un enfant, voir un adulte encore en train d’apprendre, capable de reconnaître ses erreurs et de changer sa manière d’aimer, devient un repère. Ce parent qui tâtonne, mais cherche un équilibre plus juste, offre un modèle de courage ordinaire.

Sources

En bref

  • Un père épuisé confie avoir donné à ses enfants tout ce qu’il n’avait pas eu, tandis que Caroline Goldman rappelle l’importance des limites éducatives.
  • Le récit montre comment vouloir réparer son enfance en tout donnant mène à la surprotection, gomme la frustration et nourrit des fragilités chez l’enfant.
  • Des pistes émergent pour poser un cadre aimant, accepter d’être un parent imparfait et transformer la frustration en véritable cadeau, sans renier l’amour donné.