Si chaque appel à vos parents vous laisse vidé, vous vivez peut-être ce deuil méconnu d’un parent encore vivant

Publié le Par Rédaction Elle adore
Si chaque appel à vos parents vous laisse vidé, vous vivez peut-être ce deuil méconnu d’un parent encore vivant © Reworld Media

Un coup de fil banal, un parent en vie, et pourtant vous raccrochez vidé, le cœur serré. Derrière ce malaise discret se cache un deuil psychique méconnu, épuisant à porter seul.

Il y a ces coups de fil où l’on raccroche vidé, sans savoir dire pourquoi. Le parent est vivant, parfois en bonne santé, la discussion semblait banale, et pourtant quelque chose en soi se serre, comme après une petite rupture invisible. Depuis quelques années, la parole commence à se libérer sur des deuils longtemps tues, du décès périnatal aux pertes dans la famille élargie. Un autre deuil reste pourtant largement silencieux : celui d’un parent qui n’a jamais vraiment su nous rejoindre.

Des psychologues décrivent ce processus comme un deuil psychique, proche de ce que l’on appelle parfois un deuil blanc : la relation est là en apparence, mais l’appui dont on avait besoin manque. Un auteur raconte dans le média VegOut : « Ce que je faisais réellement, pendant la majeure partie de ma vie d’adulte, était de les pleurer alors qu’ils étaient encore en vie. Je n’avais tout simplement pas les mots pour cela ». Autrement dit, faire le deuil d’un parent vivant, c’est renoncer à un parent rêvé pour cesser de s’épuiser à l’attendre.

Ce que signifie vraiment faire le deuil d’un parent vivant

Dans ce type de deuil d’un parent encore vivant, personne ne vous annonce une mauvaise nouvelle. Le parent continue d’appeler, de rendre service, de dire qu’il vous aime. Tout l’effort se passe à l’intérieur : accepter que ce père ou cette mère ne sera jamais celui ou celle qui devine, qui accueille vos fragilités, qui pose la « question d’après » dont vous rêviez enfant.

Ce chagrin dérange aussi parce qu’il n’a pas d’événement repère. Pas de date, pas de certificat, pas de séparation officielle. L’auteur de VegOut décrit « quelque chose de diffus, quelque chose façonné comme une longue absence plutôt qu’une perte aiguë ». Beaucoup se disent que se plaindre serait déloyal, que leurs parents ont fait de leur mieux et qu’ils exagèrent en souffrant encore.

Pourquoi ce deuil psychique est si épuisant

Ce qui éreinte, ce n’est pas d’aimer ou de s’éloigner, c’est de devoir tenir les deux ensemble. Vous aimez vraiment ce parent, vous seriez anéanti par sa mort, et dans le même temps vous pleurez la version de lui qui n’existera jamais. « Tenir les deux, en même temps, pendant des décennies, à chaque appel téléphonique, dans chaque cuisine, à chaque Noël, est l’une des choses les plus silencieusement épuisantes qu’une personne puisse faire », écrit l’auteur de VegOut.

Ce travail intérieur permanent finit par se voir dans le corps : tensions, troubles du sommeil, boule au ventre avant chaque repas de famille. Pourtant aucun cadre social ne le reconnaît. Le Huffington Post rappelle que « Dans les jours de congés prévus pour un deuil, la famille élargie est une catégorie ignorée ». D’autres deuils, comme la perte d’un bébé décrite par Mélissa et Adrien dans Vosges Matin, restent déjà très tabous. Celui d’un parent vivant, lui, ne dispose même pas d’un nom partagé.

Nommer ce deuil

Nommer un deuil d’un parent vivant ne vous rend pas coupable. Cela ouvre vers une aide adaptée et des liens sûrs.

En bref

  • L’essai cité par VegOut et les témoignages de Mélissa, Adrien et du Huffington Post éclairent le deuil psychique d’un parent encore vivant.
  • Ce texte décrit comment aimer un parent présent tout en renonçant, dans un deuil symbolique, au parent rêvé qui ne viendra jamais.
  • Il met en lumière l’épuisement émotionnel invisible, ce double mouvement intime qui éreinte à chaque appel, tout en ouvrant des pistes de compréhension larges.