Si vous vous excusez encore pour vos plats et vos chansons, cette clé pour bien vieillir après 50 ans va vous surprendre
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À 50 ans et plus, beaucoup continuent de s’excuser pour leurs plats préférés ou leurs chansons fétiches. Et si accepter de vieillir commençait par cesser ces justifications silencieuses ?
On nous répète que vieillir, c’est perdre de l’énergie, des occasions, de la valeur sociale. Ce scénario pèse jusque dans les détails du quotidien : ce que l’on commande au restaurant, la musique qu’on met en soirée, l’heure à laquelle on ose rentrer. À la cinquantaine ou bien plus tard, beaucoup continuent de s’excuser pour leurs goûts. Or c’est là que commence vraiment le fait d’accepter de vieillir.
L’enquête du Crédoc sur le bien vieillir, relayée par Agevillage, montre que les personnes âgées placent la liberté au centre. Pour Agevillage, « bien vieillir, c’est pouvoir préserver sa santé physique, psychique et son estime de soi bien sûr, mais c’est aussi rester libre de vivre où on le souhaite, rester en lien avec son entourage et le monde, être mobile, et rester dans l’envie, être libre de ses décisions ». Les recherches en psychologie citées plus loin indiquent qu’avec l’âge, l’acceptation de soi tend à augmenter. Assumer ses goûts alimentaires et musicaux devient alors une façon très concrète d’exercer cette liberté.
Assumer ses goûts en vieillissant
VegOut décrit par exemple une femme qui, au restaurant, passe en revue dans sa tête tout ce que son choix dira d’elle : trop sain, pas assez, trop cher, trop banal. À force de se juger comme si quelqu’un corrigeait une copie, elle ne sait plus ce qu’elle aime vraiment. Le même mécanisme pousse à cacher la chanson qui émeut, ou à accepter une soirée qui finira trop tard pour son corps.
Or l’enquête du Crédoc citée par Agevillage montre que les seniors et leurs aidants réclament surtout du soutien qui respecte leurs choix. Ils souhaitent des aides pour l’accès aux droits, la mobilité, le repos, mais refusent les dispositifs jugés intrusifs comme les caméras à domicile. Pour Agevillage, ces réponses traduisent « de réels besoins d’accompagnement, mais aussi un certain attachement à la liberté : ». Assumer ses goûts, même un peu décalés, fait pleinement partie de cette autonomie.
Psychologie de l’acceptation de soi
Des psychologues cités par VegOut parlent d’auto‑acceptation pour décrire cette liberté intérieure. Le texte rappelle que « Le concept est décrit comme embrasser vos attributs (mentaux, physiques, positifs, négatifs) exactement tels qu’ils sont ». Une faible auto‑acceptation est associée à plus d’anxiété et de dépression, alors qu’une auto‑acceptation élevée donne davantage de confiance et de résistance aux critiques. Les travaux de Carol Ryff, dans l’étude MIDUS, montrent en plus que cette acceptation de soi augmente en moyenne avec l’âge.
VegOut cite aussi la théorie de la sélectivité socio‑émotionnelle de Laura Carstensen : quand on perçoit le temps qui reste comme plus court, on met moins d’énergie dans l’image et davantage dans ce qui compte vraiment. Une étude de 2020 mentionnée par VegOut a montré que les adultes plus âgés qui suivent davantage un régime de type méditerranéen déclarent un bien‑être psychologique plus élevé. Identifier ce qui nourrit vraiment, et cesser de s’en excuser, fait donc partie du bien vieillir.
Commencer à accepter de vieillir
Assumer plat, chanson et heure de coucher rend le vieillissement plus doux.
En bref
- Le Crédoc, Agevillage et VegOut montrent comment accepter de vieillir se joue aussi dans les choix alimentaires, musicaux et l’envie de liberté quotidienne.
- Les recherches sur l’auto‑acceptation et le bien vieillir éclairent le lien entre préférences personnelles, santé psychique et rapport apaisé au temps qui passe.
- Un premier pas consiste à observer plats, chansons et habitudes dont on s’excuse encore, avant d’expérimenter une autre façon de les vivre avec l’âge.
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