Vieillir avec grâce : cette bataille intérieure épuisante que les psychologues vous conseillent d’abandonner au plus vite

Publié le ParRédaction Elle adore
Vieillir avec grâce : cette bataille intérieure épuisante que les psychologues vous conseillent d’abandonner au plus vite © Reworld Media

À l’heure où l’on glorifie les seniors hyperactifs, beaucoup s’épuisent en silence. Que révèle vraiment la psychologie sur l’art de vieillir avec grâce ?

En vieillissant, beaucoup se sentent sommés de « rester jeunes » : multiplier les activités, voyager, lancer des projets alors que la fatigue se fait sentir. L’agenda plein devient une preuve de bien vieillir. Or cette histoire n’est pas la seule.

Les psychologues du vieillissement observent une autre réalité, plus calme, chez certains aînés. Comme l’écrit un auteur, cité par Vegoutmag : « La culture nous vend deux histoires sur le vieillissement réussi ». L’une promet de rester occupé et productif, l’autre de se réinventer sans cesse. Or ceux qui semblent vraiment vieillir avec grâce ne courent plus après ces deux scénarios, ils laissent tomber certaines luttes intérieures. Et si la clé d’un bel âge était justement là : arrêter de se battre où rien n’essaie plus de nous blesser ?

Vieillir avec grâce, loin du mythe du senior toujours performant

Pour Bertrand Fougère, « La vieillesse, on la voit encore par le prisme du très grand âge et de la dépendance », explique-t-il. « Alors que ce que j’essaye de défendre, c’est que vieillir, c’est réussir, savoir s’adapter à de nouvelles situations, comme la retraite et voir comment s’organiser pour en faire une nouvelle richesse. » Ce gériatre y voit un succès.

Des recherches en gérontologie décrivent d’abord le vieillissement réussi : rester en bonne santé, garder des performances physiques et cognitives élevées, rester très engagé dans la vie sociale. Les mêmes travaux parlent alors de vieillissement sage : accepter que tout ne soit plus contrôlable, déplacer l’énergie vers la transmission, les liens et une vie émotionnelle plus entière.

Ces batailles intérieures que ceux qui vieillissent avec grâce abandonnent

Dans ce même article, l’auteur décrit des personnes âgées rencontrées à Saigon ou en Australie qui ne paraissent ni inactives ni survoltées. « Elles ont silencieusement cessé de se battre contre un ensemble de batailles qu’elles ont menées pendant des décennies ». Ne plus chercher à être enfin compris par certains proches, laisser les autres avoir le dernier mot.

Viennent aussi la bataille contre son apparence, le « tableau de classement invisible » avec frères et sœurs ou camarades, la tentation de contrôler les choix des enfants adultes. Au sommet, la lutte impossible pour empêcher sa propre mortalité : hyper-activité, productivité extrême, refus de ralentir. L’auteur rappelle que cette agitation masque souvent une peur sourde de la fin.

Lâcher les combats inutiles sans se résigner : ce que dit la psychologie

Dans ce texte, l’auteur explique que pour le Bouddha, la libération ne consiste pas à acquérir un état spécial, mais à arrêter de s’agripper. Il le résume dans une phrase : « Il s’agissait de cesser de s’accrocher ». Arrêter ces batailles ne veut pas dire se résigner, mais cesser de se définir par ses rancœurs, ses classements imaginaires, ses envies de tout contrôler.

La psychologie rejoint ici la clinique de Bertrand Fougère quand il rappelle que, pour la mémoire, « Mais comme pour une bibliothèque, les livres se sont accumulés et il faudra donc plus de temps et d’efforts pour savoir où on a rangé le mot ou le nom recherché ». Autrement dit, l’enjeu n’est plus de courir plus vite, mais de choisir ce pour quoi on garde encore des forces, quitte à laisser tomber une bataille dès ce soir.

En bref

  • Bertrand Fougère et un auteur cité par Vegoutmag questionnent les injonctions modernes faites aux seniors sur la façon de vieillir avec grâce.
  • Les chercheurs distinguent un vieillissement réussi centré sur la performance d’un vieillissement sage, plus tourné vers l’acceptation, les liens et la transmission.
  • Une série de batailles intérieures méconnues, de l’obsession de l’image au besoin de contrôle, se révèlent décisives pour aborder autrement les années qui viennent.