Ce tas de tailles de haie au fond du jardin attire des invités surprises… et peut vous coûter jusqu’à 750 €
© Reworld Media
Au premier automne, ce tas de tailles de haie abandonné s’est transformé en refuge pour la faune… et en risque discret pour la maison. Entre biodiversité, rongeurs et amende pour déchets verts, où placer la limite ?
L’été se termine, la haie vient d’être taillée, le débroussailleur rangé. Reste ce tas de branches qu’on pousse au fond du jardin, en se disant qu’on ira « plus tard » à la déchetterie, tant il semble inoffensif.
Puis arrivent les premières pluies d’automne, l’air se rafraîchit et ce tas, soudain, bruisse, se tasse, semble vivre. Sous les branchages, un véritable refuge se met en place : hérisson en quête d’hibernation, rongeurs, insectes… et parfois des locataires beaucoup moins souhaités. Tout l’enjeu consiste alors à garder ce petit monde utile, sans transformer le fond du jardin en porte d’entrée vers la maison.
Sous ce tas de branches, un refuge insoupçonné
À l’automne, le hérisson d’Europe parcourt le jardin à la recherche d’un abri sec pour l’hiver. Quand la température passe sous 11 °C, il se met en léthargie et peut rester caché de novembre à mi-avril. Un tas de tailles de haie lui offre exactement ce dont il a besoin.
Ce voisin piquant dévore limaces et escargots, alliés rêvés du jardinier. Autour de lui, mulots, couleuvres, carabes, perce-oreilles et une foule d’insectes profitent aussi des cavités humides entre les branches. Ce coin « laissé sauvage » devient une mini-forêt où la biodiversité reprend ses droits.
Quand le refuge devient une autoroute vers la maison
Les problèmes surviennent lorsque le tas touche la façade, un mur en bois ou le local à granulés. Pour les rats et mulots, ces branches forment une passerelle idéale : ils grimpent, rejoignent une gaine ou une fissure et finissent dans les combles, le vide sanitaire ou l’isolant en fibre de bois.
Pour profiter du refuge sans inviter les nuisibles, il suffit d’installer le tas à trois ou quatre mètres de la maison, posé sur terre nue, loin des clôtures. On n’y met que branches et feuilles, jamais de restes de cuisine. Et, entre novembre et mars, on évite de le déplacer ou de le brûler.
Que faire du surplus de tailles sans enfreindre la loi
Reste la fausse bonne idée du feu de jardin. Le brûlage des déchets verts est interdit aux particuliers depuis 1978 et la loi du 10 février 2020 a encore durci les règles : tondes, tailles et feuilles ne doivent plus être brûlées, sous peine d’une amende de 135 € pouvant atteindre 750 €.
En plus de polluer comme des milliers de kilomètres en voiture et de multiplier les risques d’incendie, ce feu gaspille une ressource précieuse. Mieux vaut réserver un tas bien placé pour la faune, puis broyer ou déposer le reste en déchetterie : le bois devient alors paillage gratuit pour vos massifs.
Sources
En bref
- 🍂 À l’automne 2024, un tas de branches au fond du jardin révèle son rôle de refuge pour le hérisson d’Europe et d’autres espèces.
- 🏠 Le tas de tailles de haie mal placé devient une passerelle idéale vers la maison pour rats, mulots et nuisibles, avec de vrais dégâts possibles.
- ⚖️ Entre interdiction de brûler ses déchets verts, amende jusqu’à 750 € et solutions de broyage ou paillage, une façon de gérer ce coin sauvage s’impose.
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