Épinards d’hiver : ce secret des jardiniers scandinaves à appliquer dès la fin de l’été change vos récoltes

Publié le ParRédaction Elle adore
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En plein cœur de l’hiver, certains jardiniers français récoltent des épinards d’hiver épais et sucrés grâce à une étrange méthode nordique. Que cachent vraiment ces petits tunnels au fond du jardin ?

En février, quand la plupart des potagers français ne montrent plus que des mottes de terre et quelques tiges gelées, certains jardiniers rentrent pourtant avec des brassées de épinards d’hiver aux feuilles larges, épaisses et d’un vert brillant. Sous un petit tunnel plastique, leurs rangs impeccables intriguent le voisinage, qui y voit parfois une serre chauffée déguisée.

En réalité, ces récoltes spectaculaires reposent sur une méthode nordique toute simple : semer très tôt, choisir les bonnes variétés et offrir une protection légère mais continue. L’idée vient des pays scandinaves, où l’on apprend à utiliser le froid plutôt qu’à le combattre. Tout commence bien avant l’hiver.

Semer les épinards comme en Scandinavie : miser sur la fin de l’été

L’épinard aime l’air frais, mais il a besoin d’un sol encore chaud pour bien démarrer. Les jardiniers nordiques misent donc sur un semis entre la mi-août et la mi-septembre, quand la terre a emmagasiné la chaleur de l’été et que les nuits commencent à rafraîchir. Un semis d’octobre, même de bonne volonté, donne souvent des plants chétifs qui végètent tout l’hiver.

Pour tenir sous le gel, on choisit des variétés rustiques comme Géant d’Hiver, Monstrueux de Viroflay ou Matador, au feuillage large et coriace. Le sol est préparé finement, riche en compost mûr, sans excès d’azote frais qui rend les tissus fragiles. On sème en lignes espacées d’au moins 25 cm, à environ 2 cm de profondeur, puis on éclaircit pour ne garder qu’un plant tous les 10 à 15 cm, idéal pour former de vraies rosettes charnues. En terre argileuse, une butte évite que les racines ne baignent dans l’eau tout l’hiver.

Tunnel bas et voile d’hivernage : le “cocon” nordique des épinards

Une fois bien enracinés, les plants ne sont pas laissés seuls face au gel. Dès que les nuits passent régulièrement sous 5 °C, les jardiniers posent des arceaux et un tunnel bas ou un voile d’hivernage P17 ou P30. Ce n’est pas une mini-serre chauffée, mais un igloo végétal qui coupe le vent, limite les brûlures de gel et garde le sol hors gel quelques précieuses semaines de plus.

Un paillage de 10 à 15 cm de feuilles mortes ou de paille renforce encore cet effet de cocon. L’entretien reste léger : très peu d’arrosage, uniquement au pied pour éviter que l’eau ne gèle sur les feuilles, et une attention particulière à l’aération. Dès que le soleil se montre et que le thermomètre remonte au-dessus de zéro, on entrouvre le tunnel pour chasser la condensation, sous peine de voir apparaître mildiou et pourritures.

Février : des épinards plus épais, plus sucrés et continus jusqu’au printemps

Au cœur de l’hiver, le froid joue son rôle secret. Pour ne pas geler, l’épinard transforme ses réserves d’amidon en sucres, un véritable antigel naturel. Résultat : des feuilles plus douces, presque sucrées, sans l’amertume des épinards d’été, et une texture étonnamment épaisse et croquante. Quand les feuilles atteignent 8 à 10 cm, on cueille seulement celles du pourtour en laissant le cœur intact, ce qui relance sans cesse la production. De février aux premiers beaux jours, le jardin, pourtant endormi, continue alors de fournir une verdure fraîche presque digne d’un potager scandinave.

Sources

En bref

  • En février, des jardiniers français appliquent une méthode nordique, inspirée des pays scandinaves, pour récolter des épinards d’hiver aux feuilles étonnamment charnues.
  • Cette technique repose sur des semis très anticipés, des variétés rustiques et un discret tunnel protecteur qui transforme le froid en allié du potager.
  • Un simple ajustement de calendrier et de protection suffit à obtenir des épinards d’hiver plus épais, plus sucrés et secrets aux yeux du voisinage.