Fin août, ne jetez surtout pas vos touffes de menthe : ce geste des anciens change tout au jardin
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Dans les jardins d’autrefois, fin août rimait avec bêche plantée dans les touffes de menthe fatiguées. Ce rituel simple, transmis de génération en génération, rajeunit le carré d’aromatiques et multiplie les plants sans dépenser un centime.
Dans les jardins de nos grands-parents, la scène se répétait chaque fin d’août : une grosse touffe de menthe était soulevée d’un coup de bêche et disparaissait quelques minutes sur l’allée. Personne ne la jetait, pourtant. Quelques semaines plus tard, le carré d’aromatiques semblait rajeuni, comme regonflé de vert.
Si une menthe déborde de son bac, que le cœur se dégarnit et que le parfum faiblit, ce n’est pas une fatalité, mais un signal. Les anciens avaient un réflexe simple – et redoutablement efficace – pour redonner de la vigueur à ces aromatiques vivaces tout en en obtenant de nouveaux plants, sans sortir le porte-monnaie.
Pourquoi les anciens s’attaquaient à la menthe fin août
La fin de l’été offrait exactement ce dont la menthe avait besoin : un sol encore chaud après juillet, des nuits plus fraîches et plusieurs semaines avant les premières gelées. Les jardiniers d’autrefois avaient remarqué que les touffes divisées à ce moment-là reprenaient mieux qu’en pleine chaleur de juillet ou dans les froidures d’octobre. On repérait alors les touffes « à reprendre » grâce à quelques signes très parlants :
- le cœur de la touffe est vide ou sec ;
- les tiges se couchent et s’étalent partout ;
- les feuilles sont plus petites et moins parfumées.
Le geste précis pour diviser une touffe de menthe sans la perdre
Nous avons tous déjà laissé une menthe filer dans un coin, jusqu’à en devenir envahissante… Les anciens, eux, arrosaient copieusement la touffe la veille, puis la soulevaient entière avec une bêche en faisant le tour à une quinzaine de centimètres. La motte était posée à l’ombre, le temps de couper et jeter le centre épuisé, sec et plein de vieilles racines brunes. Restait la couronne extérieure, bien vivante, que l’on séparait à la main ou au couteau en 3 à 6 éclats, chacun muni de belles racines et de quelques tiges.
Chaque morceau était aussitôt replanté dans un sol ameubli et enrichi de compost, en espaçant les plants pour éviter un nouveau « tapis » trop vite. On arrosait généreusement, puis on paillait avec un peu de paille ou de tontes bien sèches pour garder la fraîcheur. L’erreur que les anciens évitaient toujours : diviser en pleine canicule ou réduire les éclats à de minuscules fragments presque sans racines, condamnés à sécher.
Que faire de tous ces nouveaux plants de menthe ?
Les anciens réinstallaient quelques éclats au même endroit pour rajeunir le carré, en glissaient d’autres au potager, près du chemin ou dans un grand pot sur le rebord de fenêtre. Le surplus finissait souvent chez les voisins, en cadeaux de plants. Avec plus de menthe fraîche, on parfume taboulés, salades de fruits, eaux aromatisées ou tisanes digestives, et ce simple geste de division de touffe devient un rituel de fin d’été qui fait durer le jardin plusieurs années de suite.
Sources
En bref
- 🌿 Fin août, les jardiniers d’autrefois arrachaient leurs touffes de menthe fatiguées pour un geste précis qui changeait tout au jardin.
- 🧺 Cette division de touffe, réalisée sur motte entière bien arrosée, permettait de sélectionner les parties vigoureuses et de préparer plusieurs nouveaux plants.
- ✨ Entre carré rajeuni, recoins du potager colonisés et cadeaux aux voisins, l’opération finissait par offrir bien plus de menthe qu’au départ.
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