Jardin : cette protection d’hiver que 8 jardiniers sur 10 utilisent peut tuer vos arbustes en une nuit
On a tous en tête ce voisin qui a "tout perdu en voulant protéger ses arbustes" un soir de gel annoncé. En urgence, il enfile un grand sac poubelle noir sur son laurier-rose, serre une bâche plastique autour de son citronnier en pot, entoure le tout de ficelle et rentre soulagé.
Quelques jours plus tard, le verdict tombe : feuilles noircies, tiges molles, odeur de moisi. Ce qu’il prenait pour une protection idéale a étouffé ses plantes. Beaucoup de particuliers qui cherchent à protéger leurs plantes du froid reproduisent exactement ce geste, sans imaginer ce qui se passe vraiment sous ce plastique serré.
Protéger ses arbustes du froid : pourquoi le réflexe "tout couvrir" déraille
Un arbuste en hiver n’est pas un objet inerte qu’il suffirait d’emballer. Même en dormance, il respire et transpire, ses racines continuent d’échanger avec le sol. Les sujets les plus fragiles sont les jeunes plantations, les arbustes méditerranéens comme le laurier-rose ou l’olivier, et toutes les plantes en pot dont les racines gèlent plus vite.
Un peu de froid sec entre 0 et -10 °C aide même le bois à se renforcer. Le danger vient surtout du gel profond, du vent glacial et de l’humidité qui s’infiltre jusqu’aux racines. Protéger intelligemment, c’est donc isoler le pied avec un paillage épais de feuilles mortes, d’écorces ou de paille, plutôt que d’enfermer tout l’arbuste sous une housse étanche.
Bâche plastique, sac poubelle, papier bulle : quand la protection devient piège
Par manque de temps, on attrape ce que l’on a sous la main : sac poubelle, bâche de chantier, reste de papier bulle. Ces matériaux sont solides et totalement imperméables, ce qui rassure. En réalité, ils créent pour la plante une bulle hermétique où l’air ne circule plus, un vrai "sauna glacé" prêt à la condamner.
La plante transpire, le sol dégage de la vapeur, mais cette humidité reste prisonnière. Elle se condense sur le plastique et sur le feuillage, puis gèle la nuit. L’eau et la glace conduisent le froid bien mieux que l’air : feuilles collées, brûlures par le froid, jeunes rameaux éclatés. Dans cette ambiance saturée, les champignons comme le botrytis se régalent et la pourriture grise s’installe.
Voile d’hivernage, jute et paillage : les bons réflexes qui sauvent les arbustes
La solution, c’est de garder la plante au sec et à l’abri du vent tout en la laissant respirer. Un voile d’hivernage non tissé en polypropylène remplit exactement ce rôle : il laisse passer l’air, la vapeur d’eau et la lumière, tout en gagnant quelques degrés. On le pose en forme de tipi sur des tuteurs, sans serrer le collet, pour créer une petite lame d’air isolante.
Pour compléter, on peut entourer le pot de paille maintenue par du grillage, ou envelopper le tronc dans une toile de jute récupérée. L’important est surtout d’éviter certains réflexes hivernaux qui font plus de mal que de bien :
- enfiler un sac poubelle ou une bâche hermétique sur tout l’arbuste ;
- laisser le plastique coller au feuillage ;
- oublier le paillage au pied ;
- ne jamais aérer le voile lors des redoux.