Jardiniers : ne rasez plus ce vieux coin de mauvaise herbe qui pique, il protège tout votre jardin
© Reworld Media
Au fond du jardin, un vieux coin d’orties longtemps jugé négligé revient en grâce chez les jardiniers. Papillons, auxiliaires, hérisson : que se passe-t-il vraiment dans ces touffes piquantes laissées volontairement à l’écart ?
Au fond du terrain, coincé entre la haie et le compost, ce coin d’orties que l’on tondait autrefois sans réfléchir revient à la mode. Longtemps classée comme mauvaise herbe qui pique, l’ortie intrigue à nouveau : et si ce fouillis vert était le vrai trésor du jardin ?
Derrière ses feuilles urticantes se cache une nurserie à papillons, un garde-manger pour coccinelles et même un coin de chasse pour le hérisson. Alors que Butterfly Conservation rappelle, via l’UK Butterfly Monitoring Scheme, que 33 espèces de papillons sur 59 ont décliné depuis 1976 au Royaume-Uni, les jardiniers redécouvrent l’intérêt d’un vieux coin d’orties laissé au fond du jardin.
Pourquoi les jardiniers gardent enfin un coin d’orties
Les anciens laissaient souvent une bande d’orties derrière la grange, sans en parler. Aujourd’hui, les naturalistes leur donnent raison. Sir David Attenborough a même encouragé les jardiniers à « cultiver des orties » plutôt que de tout arracher, rappelle le site Express, prévenant qu’un jardin trop propre finit par tourner le dos à la vie sauvage.
En France, la LPO et Vigie-Nature vont dans le même sens : l’ortie, Urtica dioica, sert de plante-hôte à une vingtaine d’espèces de papillons. Paon-du-jour, petite tortue, vulcain, robert-le-diable ou carte géographique élèvent leurs chenilles sur ces feuilles piquantes ; sans ce buffet, les adultes ne font que traverser le jardin.
Ce que cache ce vieux coin d’orties au fond du jardin
Nous avons tous déjà pesté en frôlant une ortie en short. Pourtant, entre ses tiges, la vie fourmille : les feuilles nourrissent les chenilles, les pucerons attirent coccinelles et syrphes, les araignées tendent leurs toiles, et tout ce petit monde devient le garde-manger des oiseaux insectivores et du hérisson.
Ce coin d’orties fonctionne alors comme une réserve d’auxiliaires à deux pas du potager. Quand les pucerons envahissent rosiers ou tomates, les prédateurs sont déjà là, prêts à se déplacer. Une étude de Vigie-Nature a montré que les chenilles de paon-du-jour survivent très bien sur les orties de jardins urbains : un simple carré peut faire la différence.
Un coin d’orties sans stress
Placez-le au fond du jardin, le long d’une haie ou d’un grillage, puis tondez bien autour et coupez les tiges en bordure avant les graines : il restera en place, mais la vie, elle, circulera.
Sources
En bref
- 🦋 Depuis 1976, Butterfly Conservation et Vigie-Nature alertent sur le déclin des papillons, incitant jardiniers français à préserver un coin d’orties discret.
- 🌱 Ce vieux coin d’orties au fond du jardin devient nurserie à papillons et réserve d’auxiliaires, tout en restant maîtrisé grâce à quelques gestes simples.
- 🦔 En choisissant bien l’emplacement, le calendrier de coupe et quelques astuces de sécurité, ce carré piquant se transforme en véritable atout discret pour le jardin.
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