Plantes du voisin qui débordent : ce geste avec une simple ficelle peut en réalité vous mettre hors la loi
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La glycine du voisin déborde sur votre clôture et vous démange les ciseaux. Que dit vraiment le Code civil sur le fait d’attacher ces branches ?
Au bout de la clôture, la glycine du voisin s’enroule sur vos piquets, son laurier-cerise vous griffe dès que vous passez la tondeuse. La solution paraît simple : attraper une ficelle et attacher ces branches qui débordent chez vous. Sauf qu’au jardin, le droit ne suit pas toujours l’instinct.
Les relations de voisinage sont encadrées par le Code civil, notamment les articles 671 à 673 qui visent précisément les branches, racines et haies en limite de propriété. Avant de toucher à un végétal qui ne vous appartient pas, mieux vaut savoir ce que la loi vous permet vraiment… et ce qui pourrait vous être reproché.
Ce que dit vraiment la loi sur les plantes qui débordent
Première règle : la distance de plantation. L’article 671 impose de planter à au moins 2 m de la limite les arbres qui dépasseront 2 m de haut, et à 0,50 m les végétaux plus bas. Malgré cela, leurs branches s’étendent souvent au-dessus de votre terrain et deviennent gênantes au quotidien.
Là, l’article 673 prend le relais : lorsque « les branches des arbres, arbustes et arbrisseaux du voisin avancent sur votre héritage », vous pouvez exiger qu’il les coupe. En revanche, vous ne pouvez pas les sectionner vous-même. Seules les racines, les ronces et les petites brindilles qui traversent la limite peuvent être coupées par vos soins.
Attacher les plantes du voisin : un geste plus risqué qu’il n’y paraît
Le texte ne dit rien, noir sur blanc, sur le fait d’attacher les plantes du voisin. Mais une chose est sûre : même si une branche entre chez vous, la plante reste la propriété de votre voisin. Si vous l’attachez, la plaquez contre votre grillage ou déplacez son port, vous agissez sur un bien qui n’est pas le vôtre, avec un risque de contestation en cas de dommage.
Nous avons tous déjà eu envie de “régler le problème nous-mêmes”. Pourtant, les juges rappellent qu’un voisin ne peut pas intervenir librement sur une plante étrangère. D’ailleurs, même une petite attache souple devrait rester exceptionnelle, temporaire et, idéalement, acceptée par écrit par le propriétaire (un simple SMS suffit) ; à lui ensuite de faire élaguer ou de déplacer son arbuste.
Comment agir sans se fâcher avec son voisin
Le meilleur réflexe reste un dialogue posé mais ferme. Photos à l’appui, expliquez en quoi les branches vous gênent (passage, gouttière, ombre), proposez une période d’élagage et, pourquoi pas, un partage des frais avec un jardinier de confiance.
Si rien ne bouge, un courrier recommandé rappelant l’article 673, puis un rendez-vous avec un conciliateur de justice, évitent souvent le tribunal judiciaire. Pensez aussi au plan local d’urbanisme ou au règlement de lotissement, qui imposent parfois une taille régulière des haies mitoyennes.
En bref
- 🌿 Des branches, haies et plantes du voisin envahissent votre jardin et la question se pose: peut-on légalement attacher ces végétaux qui débordent chez soi ?
- ⚖️ Le Code civil encadre branches, racines et ronces, limite ce que vous pouvez couper vous-même et encadre les gestes pour attacher les plantes du voisin.
- 🤔 Entre accord écrit, preuve des nuisances et recours au conciliateur, une stratégie progressive permet souvent de régler ces conflits de jardin sans mauvaise surprise.
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