Ce liquide blanc que tout le monde jette après la cuisson pourrait sauver votre digestion malmenée

Publié le ParRédaction Elle adore
© Reworld Media

Après des semaines de plats lourds, beaucoup jettent l’eau de cuisson du riz sans imaginer son effet sur un ventre noué. Entre remède de grand-mère et prudence des médecins, ce liquide soulève plus de questions qu’il n’y paraît.

Depuis des semaines, les plats gratinés s’enchaînent et l’estomac tire un peu la langue. Pendant ce temps, un geste reste machinal : on égoutte le riz, la vapeur s’échappe, et l’eau de cuisson du riz, blanche et trouble, file dans l’évier sans un regard. On pense se débarrasser d’un déchet alors qu’on vient peut-être de jeter un précieux coup de pouce digestif.

Car ce liquide laiteux n’est pas qu’une eau sale. Riche en amidon et en glucides faciles à assimiler, il figure parmi ces remèdes de grand-mère remis au goût du jour pour calmer les intestins irrités, la diarrhée légère ou la fatigue après un repas trop lourd. Reste à comprendre comment l’utiliser sans excès ni fausse promesse.

Eau de cuisson du riz : un pansement pour les muqueuses intestinales

Quand le riz cuit, il libère une partie de son amidon dans l’eau. Ce gel naturel donne au liquide une légère viscosité qui tapisse les muqueuses intestinales, un peu comme un pansement doux. Des nutritionnistes rappellent que cette eau contient aussi un peu de glucose, des vitamines du groupe B et des minéraux comme le potassium : de quoi réhydrater l’organisme et épaissir les selles en cas de diarrhée légère.

Boire en mangeant ne bloque pas pour autant le travail de l’estomac. « La réponse courte, c’est non », dit Steven Le Feunteun, biologiste de l’INRAE. « Dans l’estomac, on est en excès d’enzymes. La chirurgie bariatrique, par exemple, réduit l’estomac comme peau de chagrin, et on n’a tout de même pas de problème à digérer. L’homme a évolué en buvant de l’eau. » Ces travaux, rapportés par La Presse, confortent l’idée qu’une petite tasse d’eau de riz tiède ne va pas « casser » la digestion.

Quand ce liquide blanc peut vraiment relancer votre digestion

Après une gastro d’hiver ou un épisode de transit un peu trop rapide, l’eau de riz aide à retenir l’eau et le sodium dans l’intestin, ce qui rend les selles plus consistantes et limite la déshydratation. Elle reste réservée aux formes bénignes : si la diarrhée dure plus de 48 heures, s’accompagne de fièvre, de sang dans les selles ou touche un jeune enfant, c’est le médecin avant tout.

Ce liquide peut aussi soulager un ventre ballonné ou un estomac saturé par un repas gras. Tiède, peu acide et pauvre en fibres irritantes, il laisse le tube digestif au repos relatif. Attention tout de même à ne pas le boire comme une boisson sucrée ordinaire : les calories liquides sont absorbées plus vite que les aliments mâchés. Steven Le Feunteun rappelle d’ailleurs que « On sait par exemple que les sucres rapides, par exemple dans les liquides sucrés, vont plus directement dans notre sang et nos organes que les sucres lents, comme le pain et les pâtes. »

Mode d’emploi malin : préparer, aromatiser et consommer en sécurité

Pour transformer ce résidu en boisson bien-être, mieux vaut partir d’un riz blanc bio bien rincé, cuit dans un grand volume d’eau non salée. Les cuisinières misent sur un ratio d’environ une part de riz pour quatre à huit parts d’eau, jusqu’à obtenir un liquide blanc, légèrement épaissi. Il suffit alors de filtrer et de boire tiède, nature ou agrémenté de gingembre frais, d’un peu de miel ou de cannelle. Cette eau se garde 24 à 48 heures au réfrigérateur, mais reste plus agréable lorsqu’elle est fraîchement préparée.

Reste la question des limites. Le riz concentre l’arsenic présent dans certains sols, surtout le riz complet ; mieux vaut donc privilégier le riz blanc, bien le rincer et éviter d’en boire tous les jours. Une à deux petites tasses sur quelques jours semblent un maximum raisonnable pour un adulte en bonne santé. Certaines pathologies digestives demandent encore plus de prudence : « Les pancréatites aiguës, par exemple, sont associées à beaucoup moins d’enzymes, indique M. Le Feunteun. Dans ces cas, il peut être approprié de moins boire en mangeant. » En cas de doute, un avis médical reste la boussole la plus sûre.

En bref

  • Entre raclettes d’hiver et gastro, Steven Le Feunteun et des nutritionnistes s’intéressent à l’eau de cuisson du riz pour le confort digestif.
  • Cette eau riche en amidon agit comme un pansement doux sur les muqueuses intestinales et pourrait aider en cas de diarrhée légère ou repas copieux.
  • Reste à mesurer la bonne quantité, la fréquence raisonnable et les limites liées à l’arsenic, aux sucres liquides et aux fragilités digestives.