Talons hauts : ce que votre médecin sait sur l’habitude et vos articulations que personne ne vous dit
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On vous a répété que les talons hauts, c’était une question d’habitude et de style. Entre bureau et soirées, médecins et podologues alertent pourtant sur le prix payé par vos pieds et votre dos.
On vous a sûrement répété que porter des talons, « c’était juste une question d’habitude ». Pourtant, ce moment de délivrance où l’on retire ses escarpins après une journée de travail ou une soirée ne trompe pas : si le cerveau finit par moins protester, les structures du pied, elles, encaissent chaque minute passée en hauteur.
En ce début d’année, entre bottines d’hiver et préparatifs de Saint-Valentin, le dilemme revient : gagner quelques centimètres ou ménager ses articulations. Pour les médecins, la souffrance n’est pas un simple rite de passage mais le signe d’un déséquilibre profond de tout le squelette. Et derrière le mythe de l’habitude, la facture peut devenir salée.
Talons hauts : quand « l’habitude » cache un vrai problème médical
Sur le plan neurologique, le cerveau s’habitue vite à une agression répétée : il filtre les signaux douloureux pour vous laisser continuer votre journée. On parle d’accoutumance sensorielle. Mais ni les os, ni les ligaments, ni le cartilage ne se renforcent sous la contrainte d’un talon haut ; au contraire, ils s’usent plus vite et perdent en souplesse.
Pire, l’absence de douleur peut traduire une compression chronique des nerfs de l’avant-pied ou des callosités si épaisses qu’elles jouent les boucliers. L’aponévrose plantaire, ce tissu qui relie talon et orteils et soutient la voûte, finit alors sursollicitée. À force de tensions excessives, des micro-déchirures apparaissent et déclenchent une fasciite plantaire, avec cette impression de clou planté dans le talon au lever.
Un simple escarpin, et tout votre squelette se met à compenser
Pied nu, la charge se répartit autour de 60 % sur le talon et 40 % sur l’avant-pied. Dès que l’on surélève l’arrière, la physique change : avec un talon de 10 cm, près de 75 % du poids basculent vers l’avant-pied et les métatarses, des os fins qui n’ont pas été conçus pour supporter autant de pression à chaque pas.
Pour éviter la chute en avant, le centre de gravité se projette et tout le corps se cambre. Les mollets restent contractés, le genou se fléchit, le bassin bascule et une hyperlordose lombaire se dessine. Genoux et hanches encaissent plus de chocs, favorisant une arthrose, pendant que l’avant-pied se déforme en hallux valgus, orteils en griffe ou névrome de Morton.
Ce que votre médecin conseille si vous aimez vraiment les talons hauts
Les spécialistes ne demandent pas de bannir toute hauteur, mais de sortir du réflexe quotidien. Portés occasionnellement, les talons hauts font moins de dégâts qu’en usage intensif. La podologue Janine Ferrigno-Taddeo recommande des chaussures « avec un bout arrondi, de petits talons, des semelles robustes et antidérapantes », explique-t-elle au site Today. Elle rappelle : « Ce sont les types de chaussures les plus essentiels pour une femme de 50 ans. Le risque de chute et de glissade augmente avec l’âge, c’est pourquoi il est idéal de porter des chaussures qui aident à prévenir ou à minimiser ces risques ».
En pratique, le message médical tient en quelques règles : alterner les hauteurs, réserver les 8 à 10 cm aux occasions, choisir au quotidien un petit talon bloc de 3 à 5 cm avec semelle amortissante, étirer régulièrement mollets et tendon d’Achille et consulter dès que la douleur au talon ou à l’avant-pied s’installe. Car l’habitude finit par faire taire la douleur, pas par effacer l’addition que vos pieds, vos genoux et votre dos devront payer.
En bref
- Entre bureau et soirées, les talons hauts s’invitent partout tandis que la podologue Janine Ferrigno-Taddeo et les médecins détaillent leurs conséquences sur le corps.
- Accoutumance sensorielle, centre de gravité déplacé, hyperlordose lombaire et avant-pied surchargé montrent comment ces escarpins pèsent sur articulations, tendons et aponévrose plantaire.
- Conseils de chaussage, hauteurs raisonnables, alternance et étirements esquissent une stratégie pour limiter les dangers des talons hauts pour la santé sans renoncer totalement.
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