Fatigue mentale devant l’écran : voici ce réflexe respiratoire caché qui vide votre cerveau (8 Français sur 10)
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Devant votre ordinateur, votre respiration se coupe sans même que vous vous en rendiez compte. Ce réflexe invisible pourrait suffire à vider votre énergie en quelques heures.
Fin de matinée, yeux rivés sur l’ordinateur, la tête lourde alors que la journée vient à peine de commencer. Beaucoup mettent cette fatigue mentale sur le compte du manque de sommeil ou de la charge de travail. Dans les faits, un autre coupable se cache souvent dans ce moment où le regard se fige sur l’écran.
Les spécialistes parlent d’apnée de l’écran, une respiration qui se bloque brièvement dès que l’on se concentre sur un mail, un tableau ou une notification. Ce réflexe concernerait près de 80 % des personnes travaillant sur ordinateur et draine peu à peu l’énergie du cerveau. Ce réflexe discret change tout.
Apnée de l’écran : quand la respiration se coupe devant l’ordinateur
Le scénario se répète : un message arrive, les épaules montent légèrement, la mâchoire se serre et la respiration se suspend ou devient très superficielle. Le corps interprète la moindre alerte numérique comme une menace et active le système nerveux sympathique, ce mode action qui prépare à la fuite ou au combat.
Sauf que l’ennemi n’est pas un prédateur mais un simple écran. À force de micro-apnées, le dioxyde de carbone s’accumule dans le sang, qui devient un peu plus acide. Le cerveau, très gourmand en oxygène, se retrouve dans un brouillard : concentration en berne, idées confuses, impression d’être vidé alors que l’on n’a presque pas bougé.
Soupir physiologique : la respiration express qui relance le cerveau
Pour casser ce cercle, les pratiques longues comme la méditation restent utiles, mais pas toujours réalistes en pleine journée de travail. Des chercheurs et le neuroscientifique Andrew Huberman ont mis en avant le soupir physiologique, une respiration très courte et précise qui agit comme un bouton reset sur le système nerveux et apaise le nerf vague en quelques secondes.
Cette technique ouvre à nouveau les alvéoles pulmonaires affaissées par la posture assise et chasse rapidement le dioxyde de carbone. Concrètement, il suffit de suivre ces trois étapes :
- Première inspiration : inspirer par le nez, assez profondément pour remplir le bas des poumons.
- Seconde inspiration : sans expirer, reprendre aussitôt une petite inspiration vive par le nez, comme pour finir de gonfler la cage thoracique.
- Expiration : relâcher l’air très lentement par la bouche, comme dans une paille, jusqu’à ce que les poumons soient vides.
Deux ou trois cycles suffisent souvent pour sentir le cœur ralentir, la vision s’éclaircir et ce faux sentiment d’urgence retomber.
En faire un réflexe : reprogrammer son corps face aux écrans
Reste à ne pas oublier de respirer quand la tête est déjà sous l’eau. Pour contourner l’apnée de l’écran, un simple repère visuel aide beaucoup : une gommette de couleur ou un point tracé au bord de l’ordinateur. Chaque fois que le regard tombe dessus, déclencher trois soupirs physiologiques d’affilée, avant de répondre au mail suivant.
La triade Pieds – Souffle – Sens offre aussi un filet de sécurité face au mental en surchauffe. Poser les pieds bien à plat, allonger encore l’expiration quelques cycles, repérer trois choses que l’on voit, que l’on entend et que l’on ressent ramène le cerveau au présent et laisse moins de place aux scénarios catastrophes.
En bref
- Près de 80 % des actifs sur ordinateur seraient touchés par l’apnée de l’écran, un réflexe discret lié à la fatigue mentale et cognitive.
- Un mécanisme respiratoire modifie le CO₂ sanguin, active le système nerveux sympathique et installe brouillard mental, tensions musculaires et ruminations.
- Un geste de respiration ciblé, associé à quelques repères corporels et visuels, pourrait réinitialiser le cerveau face aux écrans et restaurer la clarté.
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