Vos grands-parents en avaient tous un : cet arbre fruitier increvable, absent des pépinières, peut sauver vos récoltes
© Reworld Media
Longtemps star discrète des jardins de famille, un fruitier robuste a pourtant disparu des rayons des jardineries. Entre nostalgie et soif d'authentique, il pourrait signer son grand retour.
Dans beaucoup de villages du Midi, le début de l’été avait un parfum bien particulier : celui des bibaces cueillies encore tièdes sur l’arbre du fond du jardin. Arbre discret, jamais étiqueté en rayon fruits et légumes, mais omniprésent chez les grands-parents, ce fruitier robuste a quitté les catalogues des grandes enseignes sans faire de bruit.
Entre sécheresses répétées et envie de variétés authentiques, il serait pourtant l’un des meilleurs alliés des jardins nourriciers. Ce drôle d’arbre qui fleurit en plein hiver, supporte la chaleur et se contente de peu porte un nom que l’on murmure encore dans le Sud : le néflier du Japon. Et si on lui faisait reprendre sa place au jardin ?
Le néflier du Japon, fruitier increvable des jardins de famille
Le néflier du Japon, ou bibacier, appartient à la grande famille des Rosacées, celle des pommiers et des poiriers. Dans les jardins du Midi et du littoral atlantique, il a longtemps été planté près de la maison pour offrir au printemps ces petits fruits jaune-orangé que l’on appelle bibaces, introuvables en grande surface mais bien présents dans les souvenirs de goûters chez les grands-parents.
Ce qui le rend si à part, c’est son calendrier inversé. D’ailleurs, l’arbre garde un feuillage vert sombre et lustré toute l’année, puis se couvre de fleurs crème très parfumées de novembre à février, quand le verger dort. En mai-juin, ses fruits de la taille d’un abricot, juteux, sucrés et légèrement acidulés arrivent pile au moment où les fruits locaux se font rares, sur un arbre réputé increvable parce qu’il supporte bien la sécheresse et encaisse jusqu’à environ -12 °C pour le bois.
Nous avons tous déjà croisé cet arbre sans le reconnaître
Nous avons tous déjà aperçu, au détour d’une cour de village, ce petit arbre au port un peu désordonné, aux grandes feuilles coriaces comme du cuir. Adulte, il atteint souvent 6 à 8 m de haut pour 4 à 6 m d’envergure, avec un aspect presque exotique. Ses grappes de fruits jaunes, de la taille d’un gros abricot, pendent au bout des branches ; à l’intérieur, plusieurs gros noyaux bruns, à ne jamais consommer car les graines sont toxiques. Si le bibacier a peu à peu disparu des jardineries généralistes, c’est parce qu’il déroute : il fleurit en hiver, fructifie au printemps, ses fruits voyagent mal, et au nord de la Loire ses fleurs et jeunes fruits gèlent dès -3 à -5 °C, ce qui a fait croire à tort qu’il ne “marchait” pas.
Le replanter aujourd’hui : les bons réflexes région par région
Dans les régions aux hivers doux – Méditerranée, Pays basque, Bretagne sud, Charente-Maritime –, le néflier du Japon vit très bien en pleine terre, exposé plein sud, si possible contre un mur qui renvoie la chaleur et coupe le vent. On le plante de préférence à l’automne, dans un sol bien drainé, avec un trou large et quelques poignées de compost ; une fois enraciné, il supporte sans peine la sécheresse estivale et demande peu d’entretien.
Plus au nord, il se cultive en grand pot qu’on hiverne hors gel. Vendu surtout en pépinières spécialisées et en ligne, ce fruitier autofertile et mellifère rend aussitôt au jardin son air de maison de famille.
En bref
- 🌳 Dans les villages du Midi et du littoral atlantique, le néflier du Japon était l'arbre fruitier incontournable des jardins de grands-parents.
- 🌼 Arbre persistant, très rustique et mellifère, il fleurit en plein hiver et offre au printemps des bibaces parfumées introuvables en grande surface.
- 🪴 Entre disparition des jardineries, retour des jardins nourriciers et culture en pot au nord, son avenir au jardin réserve encore bien des surprises.
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