Canicule : ce château de Bourgogne renonce au jardin à la française pour une astuce radicale sans arrosage
© Reworld Media
À Ancy-le-Franc, en Bourgogne, les canicules ont fini par brûler chaque été les massifs de pétunias du château Renaissance. Pour sauver le décor à la française sans épuiser l’eau, l’équipe a choisi une solution aussi radicale qu’inattendue.
Carte postale idéale l’hiver, casse-tête l’été. Au château d’Ancy-le-Franc, en Bourgogne, les élégants tapis de pétunias du grand parterre ont fini, année après année, par ressembler à une pelouse passée au chalumeau. La canicule grillait tout en quelques jours, laissant devant la façade Renaissance une étendue jaune paille.
Les jardiniers ont essayé d’arroser davantage, de changer de variétés, rien n’y a fait. « Les promeneurs n’avaient plus grand-chose à découvrir, se souvient Loïc Zara, responsable des jardins et du parc. C’était rageant », rapporte Le Parisien. Face à cette « catastrophe » annuelle, le domaine a pris une décision radicale : troquer le classicisme des fleurs pour des copeaux de bois colorés. Une hérésie ou une piste d’avenir pour nos propres jardins ?
Quand le jardin à la française ne supporte plus la canicule
Le grand parterre devant le château avait tout du jardin à la française classique : dessins géométriques, massifs de pétunias bien alignés, perspective théâtrale. Mais les étés récents ont été plus longs, plus secs, plus brûlants. Les fleurs ont littéralement cuit sur place, malgré l’arrosage. La scène s’est répétée plusieurs saisons de suite, au point de lasser les visiteurs comme l’équipe, qui a parlé d’une « catastrophe » récurrente, selon Le Parisien.
Or ce type de parterre, très gourmand en eau et en main-d’œuvre, colle mal avec des canicules à répétition et des restrictions d’arrosage. Pendant que l’État rappelle que la végétation reste l’une des clés pour lutter contre la chaleur et que « un arbre équivaudrait à cinq climatiseurs » (site adaptation-changement-climatique.gouv.fr), les jardins historiques doivent, eux aussi, revoir leur copie.
Des parterres de fleurs… dessinés en copeaux de bois colorés
À Ancy-le-Franc, les massifs annuels ont été remplacés par de véritables tableaux au sol. Des copeaux de bois peints, colorés avec des peintures écologiques, sont disposés comme des pixels sur un feutre géotextile inerte qui isole le sol et protège le dessin des intempéries. Quatre parterres ont déjà été réalisés, un cinquième doit voir le jour en 2027. Rebaptisés « parterres aux fleurs », ils s’inspirent de la Chambre aux Fleurs, une pièce du château ornée de panneaux peints du XVIIe siècle.
Pour les jardiniers, le changement a tout simplifié. Le travail de pose reste minutieux, mais l’arrosage et le remplacement des fleurs grillées ont disparu. Ils se concentrent désormais sur la composition visuelle, presque comme des décorateurs d’intérieur. À l’est du parc, un jardin à la française planté de rosiers a été conservé pour les amateurs de végétal. De toute façon, « cette alternative s’imposait » dans une logique écoresponsable, souligne le responsable événementiel du château, cité par Le Parisien. Nous avons tous déjà vu nos massifs d’été tourner au foin ; ici, la couleur reste, coûte que coûte.
Comment s’en inspirer sans sacrifier la fraîcheur du jardin ?
Dans un jardin de particulier, les copeaux de bois colorés peuvent devenir un atout si on les utilise avec parcimonie. Ils fonctionnent bien sur un sol désherbé, ameubli, en couche de 3 à 5 cm, parfois sur un géotextile là où l’on veut bloquer durablement les herbes indésirables. L’idéal est de les marier à des arbustes et vivaces résistants à la sécheresse, plutôt que de tout remplacer.
D’ailleurs, l’exemple du château rappelle les limites de cette solution. Les copeaux ne rafraîchissent pas l’air comme un arbre, dont l’effet a été comparé à « cinq climatiseurs » par le site adaptation-changement-climatique.gouv.fr. Mieux vaut donc les réserver aux zones brûlantes ou très décoratives, et garder, autour, une ossature d’arbres, de rosiers et de massifs vivants. Le dessin reste net, l’eau est préservée, et le jardin continue à respirer.
En bref
- 🌡️ Au château d’Ancy-le-Franc, Loïc Zara affronte des étés de canicule qui transforment chaque année les parterres de pétunias en tapis brûlés.
- 🌸 Le domaine remplace ses massifs annuels par des motifs en copeaux de bois colorés, posés sur géotextile et peints avec des pigments écologiques.
- 🌳 L’expérience interroge l’avenir des jardins à la française et offre des pistes d’usage des copeaux de bois colorés sans renoncer à la fraîcheur végétale.
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