Mylène Farmer armée à la BnF : "Des lols et des quoi" cache un message inquiétant sur notre langue

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Mylène Farmer armée à la BnF : « Des lols et des quoi » cache un message inquiétant sur notre langue © Reworld Media

Armée et masquée, Mylène Farmer assiège la BnF dans “Des lols et des quoi”, entre braquage futuriste et cauchemar totalitaire. Que raconte vraiment ce clip sur notre langue et la censure ?

Armée, bandana sur le visage, Mylène Farmer fait irruption à la Bibliothèque nationale de France. Dans le clip de son nouveau single « Des lols et des quoi », la chanteuse transforme le temple des livres en théâtre de rébellion, avec un commando de silhouettes armées qui progresse entre les rayonnages. D’entrée, le ton se veut sombre, presque politique, loin d’un simple retour nostalgique.

Avant même de la voir apparaître, l’écran affiche un avertissement : « Sous un régime totalitaire, les mots ont été vidés de leur sens. Les bibliothèques sont devenues leurs prisons. », peut-on lire dans la vidéo, décrite par Marie Claire. Le décor est posé pour ce deuxième extrait d’Égrégore, son 13e album studio attendu cet automne, qui fait déjà naître un flot de questions sur notre rapport à la langue.

Un deuxième single spectaculaire pour l’album Égrégore

Sorti en digital le vendredi 11 septembre à 00h00, Des lols et des quoi a été immédiatement suivi, à 12h00, par la mise en ligne du clip réalisé par Thierry et Didier Poiraud. Ce titre électro est le deuxième single d’Égrégore après C’est à qui le tour, et prépare la sortie de l’album, annoncée pour le 30 octobre. Trois jours plus tôt, le 27 octobre, un film de 65 minutes lié au projet sera projeté en IMAX dans plusieurs salles francophones, présenté comme « Une expérience unique ».

À la production, on retrouve DJ Lewis, collaborateur régulier du rappeur Drake, déjà aux manettes de C’est à qui le tour. Sa patte électro donne à Mylène Farmer un écrin moderne, qui prolonge une discographie marquée par un soin extrême du son et de l’image. Avec plus de 30 millions de disques vendus, l’artiste revient donc avec un dispositif à la fois musical, visuel et cinéma, où chaque sortie semble pensée comme un chapitre d’un même récit.

La BnF en état de siège, décor d’un futur inquiétant

Le cœur visuel du Des lols et des quoi clip, c’est la Bibliothèque nationale de France, site Richelieu, métamorphosée en « atelier de censure ». Mylène Farmer y apparaît en jean, veste en cuir noire, visage masqué d’un bandana, menant un groupe de rebelles armés de fusils d’assaut qui prennent les lieux d’assaut. Les travellings s’attardent sur les livres enfermés sous verre, les machines, les néons froids, comme si la mémoire écrite du pays était passée du côté du pouvoir.

La mise en scène convoque des codes de braquage à la La Casa de Papel, tout en rappelant des dystopies littéraires comme 1984 ou Fahrenheit 451, où les livres deviennent objets de contrôle ou de destruction. Ici, la BnF, normalement chargée de préserver le patrimoine, se retrouve associée à la confiscation des mots. Dans ce contexte, voir une figure de poète comme Pierre de Ronsard surgir à l’image, via un ouvrage sous verre ou une allusion chantée, renforce l’impression de voir la grande littérature retenue captive.

Ce que “Des lols et des quoi” dit de la langue française

Sur la composition électro de DJ Lewis, le personnage incarné par Mylène Farmer s’inquiète d’abord du sort des mots. « Dis-moi, où sont passés les mots ? / Ils ont perdu leur âme / Ont déposé les armes », entonne-t-elle dans le pré-refrain. Puis vient ce slogan entêtant : « Des lols et des quoi, la langue au plus bas / Des lols sans littérature, et Ronsard est là, sature ». Les « lols » d’Internet se retrouvent ainsi opposés à la figure de Ronsard, comme si une langue saturée d’abréviations menaçait la poésie classique.

Le texte s’inscrit dans un débat bien réel autour des expressions issues des réseaux sociaux et de la place qu’elles prennent dans le quotidien. Le clip ne se contente pas de montrer une langue supposée « au plus bas » : il montre aussi les livres enfermés, surveillés, triés, ce qui renvoie à des peurs très anciennes autour de la censure et des régimes qui contrôlent le savoir. Entre argot numérique, patrimoine littéraire sous cloche et bibliothèque en état de siège, Égrégore ouvre un chantier ambitieux que les prochains clips et le film annoncé devraient encore approfondir.

En bref

  • Mylène Farmer dévoile le clip “Des lols et des quoi” le 11 septembre, deuxième single électro d’Égrégore, tourné à la BnF Richelieu.
  • Un commando armé mené par la chanteuse prend d’assaut les rayonnages, transformant la bibliothèque en atelier de censure aux airs de dystopie cinématographique.
  • Entre argot numérique, référence à Ronsard et allusions à 1984 ou Fahrenheit 451, le clip esquisse un message plus nuancé qu’il n’y paraît.