Ce programme américain méconnu fait entrer vos graines rares sans frais, mais ces deux légumes bloquent tout à la douane
© Reworld Media
Un permis américain presque secret, le programme Small Lots of Seed, laisse entrer aux États-Unis de minuscules lots de semences rares sans frais de certificat. Mais depuis 2026, deux vedettes du potager y font exception, pour une raison que les jardiniers français doivent connaître.
Une enveloppe affranchie, quelques sachets de graines, et au bout du voyage, un potager qui ne ressemble à aucun autre. Derrière cette scène se cache un dispositif américain discret, qui a ouvert la porte à quantité de variétés oubliées.
Pour beaucoup de jardiniers, ce sésame administratif a permis de faire entrer des semences rares aux États-Unis sans payer de certificat phytosanitaire. Il porte un nom presque confidentiel, le programme Small Lots of Seed, qui a séduit une génération de collectionneurs… jusqu’au jour où deux stars du potager ont été exclues.
Small Lots of Seed, la coulisse officieuse des graines rares
Derrière ce nom anglais se cache un dispositif géré par l’APHIS, le service de santé des plantes du ministère de l’Agriculture américain. Son principe : autoriser l’importation vers les États-Unis de très petites quantités de graines, sans exiger le traditionnel certificat phytosanitaire et les frais qui l’accompagnent.
Le permis associé, appelé PPQ 587, vise surtout les passionnés qui échangent avec des correspondants américains. Il limite strictement les volumes : pas plus de 50 sachets par colis, chacun contenant une cinquantaine de graines au maximum, propres, sans terre et clairement étiquetées avec nom botanique et pays d’origine.
Mode d’emploi, et ces erreurs que nous avons tous déjà frôlées
Dans la réalité, un échange réussi commence toujours côté destinataire américain. C’est lui qui a demandé le permis PPQ 587, reçu des étiquettes officielles et les a envoyées à son correspondant. Le Français ne fait alors que glisser ses sachets dans l’enveloppe, en respectant le nombre maximal et les noms latins exigés.
Nous avons tous déjà été tentés d’ajouter quelques graines en plus, de mélanger plusieurs espèces, ou de négliger l’étiquette faute de connaître le nom scientifique. Mauvaise idée : chaque colis peut être ouvert en station d’inspection, et la moindre irrégularité, surtout la présence de tomates ou de poivrons, suffit à faire tout bloquer.
Sans SLS pour tomates et poivrons, quelles alternatives ?
Depuis 2026, l’APHIS a retiré les graines de tomates et de poivrons du programme Small Lots of Seed. En cause : des virus comme le Tomato brown rugose fruit virus, qui se cachent dans la graine, voyagent sans symptôme et peuvent détruire des cultures entières une fois installés.
Pour un jardin français, le message est clair : les variétés rares de ces deux légumes se trouvent désormais en Europe. Bourses aux graines, associations, échanges entre voisins ou autoproduction de semences offrent des alternatives légales et sûres, tandis que Small Lots of Seed reste réservé aux autres espèces, sous surveillance sanitaire.
En bref
- 🌱 Depuis 2026, le programme Small Lots of Seed de l’APHIS change la donne pour l’envoi de semences rares, surtout autour des tomates et poivrons.
- 📦 Ce dispositif permet d’importer de minuscules quantités de graines sans certificat phytosanitaire classique, à condition de respecter des règles strictes sur volumes et étiquetage.
- 🧬 Une exception cible deux stars du potager pour des raisons sanitaires sensibles, obligeant les jardiniers français à revoir la stratégie d’accès à ces variétés.
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