Les apiculteurs n'en peuvent plus de le répéter : attendre le gel contre le frelon asiatique garantit 5 nids de plus au printemps
© Reworld Media
Chaque automne en France, des milliers de jardins abritent sans le savoir un nid de frelon asiatique au sommet d'un arbre. En octobre, un geste simple peut éviter une explosion de colonies au printemps, mais peu de propriétaires y pensent au bon moment.
Dans beaucoup de jardins, le scénario se répète. On aperçoit une grosse boule beige tout en haut d’un arbre, on se rassure en se disant que les premiers gels feront disparaître les frelons, et l’on referme la porte du cabanon. Ce faux calme d’automne cache pourtant une activité intense au cœur du nid.
Arrivé accidentellement en France vers 2004, le frelon asiatique s’est imposé comme un prédateur redoutable pour les abeilles et les autres pollinisateurs. Et c’est précisément en octobre que tout se joue : un simple geste, réalisé au bon moment, peut éviter le pire pour le jardin et les ruches au printemps suivant.
Pourquoi tout se joue en octobre pour le frelon asiatique
Le cycle est bien rodé. Au printemps, une reine fondatrice démarre seule un petit nid discret. L’été venu, la colonie déménage souvent en hauteur pour bâtir un nid secondaire, qui enfle semaine après semaine. En octobre, ce nid a atteint son apogée, avec parfois jusqu’à 2 000 frelons et un diamètre proche de 80 centimètres.
C’est aussi le moment où naissent les jeunes reines. Produites par centaines, elles se font féconder puis s’envolent en octobre-novembre pour hiverner sous une écorce ou dans un tas de bois. Un seul nid mature peut engendrer assez de reines pour donner 4 à 5 nouveaux nids l’année suivante dans le secteur si rien n’a été fait.
Le geste crucial : repérer et faire détruire les nids
Beaucoup de jardiniers laissent passer l’automne en pensant que l’hiver réglera le problème. En réalité, détruire un seul nid en octobre peut empêcher jusqu’à 200 reines fondatrices de créer autant de colonies au printemps. C’est la fameuse “fenêtre d’action” : après le départ des reines, la destruction a surtout un intérêt de sécurité, plus vraiment d’impact sur la population future.
La bonne nouvelle, c’est qu’à cette période les feuilles tombent et les nids se voient enfin. Les signes doivent vous alerter :
- grosse boule sphérique ou ovale, beige à grise, aspect papier mâché, souvent en hauteur ;
- va-et-vient intense de frelons autour d’un point précis ;
- bourdonnement sourd si l’on reste à distance raisonnable.
Une fois un nid suspect repéré, on ne s’approche pas. On prend éventuellement une photo au zoom, puis on signale à la mairie, à la FDGDON ou à une association spécialisée, qui missionne un professionnel équipé. Depuis la loi n° 2025‑237 et le décret n° 2025‑1377, le frelon asiatique est classé espèce exotique envahissante, et de nombreuses communes aident financièrement ces destructions.
Après le passage des pros : les bons réflexes pour la saison suivante
Une fois le nid neutralisé, le jardin respire… mais la vigilance reste de mise chaque année. D’ailleurs, certaines communes prêtent des pièges sélectifs validés par l’Observatoire départemental du frelon asiatique : installés en hauteur, loin des passages, avec un appât sucré et protéiné, ils peuvent capturer quelques reines en quête de nourriture, à condition d’être contrôlés souvent pour épargner les autres insectes utiles. L’hiver venu, un rangement prudent des tas de bois permet aussi de déranger d’éventuelles reines en hibernation et de limiter encore un peu l’invasion.
En bref
- 🗓️ En octobre, en France, le frelon asiatique atteint son pic d’activité dans les jardins, avec des nids géants perchés jusqu’à la cime des arbres.
- ⚠️ C’est à ce moment que le geste d’octobre contre le frelon asiatique change tout, en visant directement les futurs nids du printemps.
- 🧐 Entre repérage, intervention professionnelle et erreurs à éviter, quelques décisions prises en octobre peuvent alléger durablement la présence de frelons autour du jardin.
Abonnez-vous pour ne rien rater de l’actualité