Il a fait abattre son vieux pin un samedi de novembre : ce nid d'écureuil roux dans la ramure pouvait coûter jusqu'à 150 000 euros
© Reworld Media
Un samedi de novembre, un simple abattage de pin de jardin bascule lorsqu’une hotte d’écureuil roux protégée apparaît dans la ramure. Jusqu’où la loi peut-elle sanctionner ce geste en apparence anodin ?
Ce samedi de novembre, le vieux pin du fond du jardin devait enfin disparaître. Le propriétaire s’était rassuré en regardant le calendrier : la saison des nids d’oiseaux était passée, l’élagueur avait un créneau, tout semblait tomber à pic. Une coupe banale, pensait-il, loin des cris de printemps.
Comme beaucoup de jardiniers, il croyait qu’en attendant l’automne, il évitait les ennuis. Or le droit français ne se limite pas aux oiseaux : certains mammifères utilisent nos arbres comme chambres et maternités toute l’année. Avant d’appeler un élagueur, il faut apprendre à lire ce qui dort vraiment dans la ramure.
Quand le vieux pin abrite encore un locataire protégé
Entre janvier et septembre, l’écureuil roux, Sciurus vulgaris, met au monde une à deux portées de trois ou quatre petits. Mais il ne connaît pas la trêve hivernale : il ne sombre pas dans l’hibernation et continue d’utiliser ses nids comme aires de repos pendant les mois froids.
Son abri typique, la hotte, est une boule de brindilles et de mousse pouvant atteindre une cinquantaine de centimètres de diamètre. Elle est calée entre 5 et 15 mètres de haut, souvent dans un pin dont il grignote les cônes. Vue du sol, elle se confond facilement avec un simple amas de débris.
Abattage d’arbre et écureuil roux : les erreurs qui peuvent coûter cher
Nous avons tous déjà entendu un voisin dire qu’en novembre, « on peut couper sans risque ». Pourtant, l’écureuil roux figure dans l’arrêté du 23 avril 2007 sur les mammifères terrestres protégés. La loi interdit non seulement de capturer l’animal, mais aussi de détruire ses sites de reproduction et ses aires de repos, même en plein hiver.
L’article L411-1 du Code de l’environnement protège les habitats de ces espèces, et l’article L415-3 prévoit jusqu’à trois ans de prison et 150 000 € d’amende en cas d’atteinte. Le propriétaire comme l’entreprise d’élagage peuvent être poursuivis. À Paris, la ville rappelle d’ailleurs que moins de 1,5 % des arbres publics sont abattus chaque année, après diagnostic et encadrement strict.
Les bons réflexes avant de faire tomber un grand arbre
Avant de signer le devis, on inspecte donc son arbre : au pied, les cônes de pin méthodiquement rongés, en hauteur une boule de brindilles entre 5 et 15 mètres, repérée avec des jumelles tôt le matin ou en fin d’après-midi.
On demande ensuite à l’élagueur de consigner ce contrôle dans le devis et, si une hotte apparaît le jour J, d’arrêter aussitôt la coupe pour prévenir une association naturaliste ou l’Office français de la biodiversité.
En bref
- Un samedi de novembre, un propriétaire fait abattre son vieux pin de jardin et se heurte à la protection stricte de l’écureuil roux. 🌲
- Le texte éclaire le risque juridique lié aux hottes d’écureuil roux lors d’un abattage d’arbre en automne et les précautions essentielles à anticiper. ⚖️
- Une autre manière de préparer un abattage au jardin se dessine, entre calendrier, biodiversité discrète et responsabilités partagées avec l’entreprise d’élagage. 🧩
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