Prada, Jacquemus... ces chaussures ultra-tendance qui ruinent dos et mollets sans que vous compreniez pourquoi

Publié le ParRédaction Elle adore
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Entre ballerines, mules minimalistes et chaussons de gymnastique, nos pieds défilent sur le bitume cet hiver. Mais à force de dos en feu et talons qui tirent, une décision s’impose.

Cet hiver, les trottoirs ressemblent à un défilé permanent. Entre les ballerines façon danseuse, les mules ultra-minimalistes, les sandales à brides fines et, depuis peu, les chaussons de gymnastique vus chez Prada et Jacquemus, tout semble inviter à marcher « comme en chaussons ». Les réseaux sociaux encensent ces modèles plats qui promettent liberté et allure effortless.

Après quelques semaines seulement, beaucoup racontent pourtant la même histoire : fatigue diffuse, talons qui tirent, bas du dos en feu, impression de traîner des boulets dès la mi-journée. Peu à peu, certaines finissent par décider de ne plus craquer pour ces chaussures ultra-plates, pourtant partout dans les vitrines. Que se passe-t-il vraiment sous la cheville pour en arriver là ?

Quand les chaussures ultra-plates deviennent de faux amis pour le corps

Glisser son pied dans une ballerine souple ou une sandale minimaliste donne une sensation immédiate de légèreté, presque de liberté. Mais cette souplesse cache souvent une absence totale de structure : pas de maintien du talon, aucune cambrure pour soutenir la voûte, semelle intérieure lisse comme une feuille de papier. Le confort de l’instant présent prépare les douleurs de demain.

Sur le bitume, ces semelles fines laissent l’onde de choc remonter à chaque pas. Le talon frappe le sol, la vibration file dans la cheville, grimpe vers le genou, puis les hanches et le bas du dos. Marcher toute la journée ainsi revient à cogner doucement son squelette contre le trottoir, mille fois de suite. Les chaussons de gymnastique remis au goût du jour – ce petit soulier en tissu, ultra-flexible, avec simple semelle en caoutchouc et large élastique – accentuent encore ce phénomène.

Ce que subissent réellement tendon d’Achille, mollets et voûte plantaire

La plupart des adultes ont un tendon d’Achille un peu raccourci par les années de talons, même modérés. Passer brutalement à du zéro dénivelé étire ce tendon en continu. Le muscle soléaire et les gastrocnémiens, dans le mollet, travaillent sans relâche pour compenser l’absence de petit talon. Résultat : crampes discrètes, sensation de jambes lourdes, douleurs qui montent parfois jusqu’aux lombaires. Les semelles ultra-plates fatiguent le dos et les mollets de façon insidieuse.

Au fil des jours, un autre mécanisme se met en place : faute de support, la voûte plantaire s’affaisse vers l’intérieur. La pronation devient excessive, l’aponévrose sous le pied s’irrite, surtout au niveau du talon. Les premiers pas du matin se transforment en piqûres brûlantes. Une simple ballerine souple ou un chausson de gym porté en ville peut suffire à lancer ce cercle vicieux.

Garder le style sans sacrifier son dos ni ses pieds

Pour continuer à suivre la tendance sans y laisser ses articulations, quelques repères simples aident à choisir ses paires :

  • un talon de 2 à 3 cm, plutôt large, pour rééquilibrer le corps ;
  • une semelle avec vrai amorti, qui ne se plie pas comme une feuille ;
  • un minimum de soutien sous la voûte plantaire ;
  • un contrefort ferme au talon pour éviter que le pied flotte ;
  • assez de place pour que les orteils bougent librement.

Les paires déjà achetées ne sont pas forcément perdues. Des demi-semelles en cuir ou en gel et de petites talonnettes peuvent transformer des ballerines ou des chaussons de gymnastique en alliés pour des occasions courtes – dîner, soirée, trajet taxi-restaurant. L’alternance reste la règle d’or : une journée en baskets structurées, une en derbies à petit talon, une en sandales plus fines. Les chaussons de gym en cuir brillant vus chez Prada ou Jacquemus gardent alors leur place dans le vestiaire, mais loin des marathons de métro et des journées debout au bureau. Le vrai luxe, au fond, reste de rentrer chez soi en marchant encore léger.

En bref

  • Cet hiver, ballerines, mules minimalistes et chaussons de gymnastique ultra-plates envahissent trottoirs urbains et réseaux sociaux, promesses de confort et de style.
  • Sous la cheville, manque d’amorti, tension du tendon d’Achille et affaissement de la voûte plantaire transforment ces it-shoes en véritables faux amis.
  • Alternance des hauteurs, semelles discrètes et critères clés redessinent un shoes-dressing désirable, où la tendance balletcore ne rime plus avec douleurs.