Yuka, Nutri-Score : ces scores peuvent vous induire en erreur, ce geste au supermarché suffit pour manger sain

Publié le ParRédaction Elle adore
© Reworld Media

Entre Yuka, Nutri-Score et promesses « light », les rayons de supermarché brouillent les repères. Une enquête d’UFC-Que Choisir révèle pourtant un indicateur bien plus fiable.

Au rayon biscuits, certains sortent leur smartphone, attendent le réseau et scrutent la note qu’une appli comme Yuka attribue au paquet : vert, on garde, orange, on repose. Pourtant, cette dépendance aux scores et au Nutri-Score masque une réalité moins lisse : un aliment ne se résume pas à quelques chiffres sur les graisses, le sucre et le sel, ni à un code-barres scanné.

Des produits affichent aujourd’hui des étiquettes rassurantes – light, sans sucres ajoutés, A au Nutri-Score – tout en devenant plus ultra-transformés. Une enquête de l’UFC-Que Choisir sur des confitures de fraise allégées montre déjà des recettes remplies d’édulcorants et de fibres transformées, loin d’une confiture maison. Une autre façon, simple, existe pour savoir si un produit est vraiment sain : elle tient en quelques secondes de lecture.

Quand les applis et le Nutri-Score se trompent sur les produits vraiment sains

Les applis et le Nutri-Score reposent sur des calculs centrés sur des nutriments isolés. Elles additionnent grammes de gras, de sucres, de sel et calories, puis colorent le produit. Ce regard très comptable ignore la matrice de l’aliment, la façon dont ces éléments interagissent dans un vrai aliment. Une huile d’olive vierge, pilier d’une alimentation protectrice, peut alors être moins bien notée qu’un soda sans sucres truffé d’additifs.

UFC-Que Choisir a montré que certaines confitures « sans sucres ajoutés » remplacent le sucre par des édulcorants comme le sucralose ou le maltitol et par des fibres végétales transformées. « Le sucralose (…) est suspecté d’avoir des impacts délétères sur la santé : il contribuerait à perturber la flore intestinale et le métabolisme, favoriserait le diabète et les troubles cardiovasculaires, et est suspecté de cancérogénicité », avertit l’association UFC-Que Choisir dans le magazine Que Choisir. Sur une référence, les analyses trouvent près de 30 g de sucres là où l’étiquette affiche 21,7 g : « La teneur totale en sucres mesurée […] dépasse la marge d’erreur tolérée par la réglementation, l’étiquetage n’est donc pas non plus conforme sur ce point », poursuit l’UFC-Que Choisir.

La méthode express sans application : lire la liste d’ingrédients

La face avant du paquet reste un espace publicitaire : belles images et slogans comme « riche en fibres » ou « recette de grand-mère » servent surtout à déclencher l’achat. L’identité réelle du produit se cache au dos, dans la liste d’ingrédients, zone où la loi impose une transparence bien plus stricte.

Au supermarché, trois réflexes suffisent. D’abord, retourner le paquet. Les ingrédients sont listés par ordre décroissant de poids : le premier est celui que vous mangerez le plus. Ensuite, lire les trois premiers et se demander : est-ce que vous pourriez les avoir dans votre placard – farine, œufs, beurre, tomates, sucre, sel ? Si la liste s’étire, avec plus de cinq ingrédients et plusieurs noms techniques, on s’éloigne déjà d’un produit vraiment sain. Les fabricants peuvent même fragmenter le sucre – sucre, sirop de glucose, dextrose – pour qu’il ne remonte pas en tête de liste.

Repérer en un coup d’œil les aliments ultra-transformés

Un coup d’œil traque les additifs : en Europe, ils portent un code E suivi d’un numéro. Quand ces E se multiplient et que la date limite court sur des mois, le produit paraît industriel.

Sources

En bref

  • Au supermarché, Yuka, le Nutri-Score et une enquête d’UFC-Que Choisir sur les confitures allégées interrogent la notion même de produit sain.
  • Les applications de scan et les scores algorithmiques montrent vite leurs limites face aux aliments ultra-transformés, aux additifs E… et aux édulcorants controversés.
  • Une méthode express centrée sur la liste d’ingrédients, des réflexes visuels et quelques signaux d’alerte promet de redonner au consommateur tout son pouvoir de choix.