Froid dehors mais vous transpirez : ce facteur caché que vous sous-estimez peut vite tout gâcher
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Manteau fermé, écharpe serrée, vos mains gèlent mais vos aisselles ruissellent. Et si, derrière ces sueurs froides de l’hiver, un déclencheur intérieur tenait les commandes ?
Vous quittez la maison emmitouflé, écharpe et bonnet, et pourtant vos aisselles deviennent moites. Dehors il fait froid, vos mains sont glacées, mais votre chemise colle dans le dos. Sensation déconcertante.
Ce paradoxe de la transpiration quand il fait froid est fréquent, au bureau comme dans les transports. On accuse le chauffage ou les couches de vêtements. En réalité, un facteur intérieur bien plus discret pilote ce débordement.
Transpiration quand il fait froid : rôle des vêtements et de la peau
Le corps garde sa température proche de 37 °C grâce à la thermorégulation. En marchant ou en portant plusieurs couches, la chaleur produite reste piégée, la peau chauffe et les glandes sudoripares s’activent. La sueur apparaît sous les bras ou dans le dos, même en janvier.
Autre aspect lié aux manteaux d’hiver, leur traitement imperméable. De nombreux modèles techniques ont longtemps utilisé des PFAS, composés très persistants. Sur le PTFE des membranes classiques, « Il ne se dégrade en aucun des SPFA présents chez l’être humain », confirme Bruce Calder, de Claigan Environmental. Pour le chercheur Marc-André Verner, cité par le quotidien canadien La Presse, « Il faut tenir compte de tout le cycle de vie du produit pour avoir une vision holistique et voir si, oui ou non, une réglementation est pertinente ». Il poursuit : « Est-ce que ce par quoi on a remplacé le PFAS est sécuritaire ? s’interroge Marc-André Verner. Ce n’est pas clair. » Cassie Barker estime que « Il y avait manifestement des trous dans la loi qui devaient être comblés » et prévient : « Tant qu’elle ne sera pas finalisée, nous ne pourrons pas agir, déplore-t-elle. La France a déjà bougé, et vite. » Elle résume : « Le problème ne vient pas vraiment de la veste, mais plutôt de l’utilisation continue [des PFAS], résume Cassie Barker. Il est temps de fermer le robinet. » Quant au polyuréthane proposé en remplacement, il « se dégrade en quantités importantes de produits chimiques à base de cyanure », constate Bruce Calder.
Stress et anxiété, moteurs cachés de vos sueurs froides
Dans bien des situations où vous frissonnez tout en transpirant, la température n’est qu’un décor. Le système nerveux déclenche la réaction de stress combat ou fuite pour une réunion, un retard, un conflit. Adrénaline et cortisol montent, le cœur s’emballe et la transpiration nerveuse jaillit par vagues.
Cette sueur émotionnelle peut survenir quel que soit le temps, surtout aux paumes et aux aisselles. Les glandes eccrines produisent un liquide surtout composé d’eau, alors que les glandes apocrines sécrètent une sueur plus grasse, riche en protéines. Les bactéries de la peau s’en nourrissent et libèrent des molécules responsables d’odeurs fortes.
Gestes simples pour limiter ces sueurs
Pour limiter ces épisodes sans avoir plus froid, mieux vaut jouer sur le stress, les vêtements et l’odeur avec quelques réflexes simples :
- Pratiquer une respiration lente deux minutes avant un moment stressant.
- Porter une première couche en coton, lin ou laine mérinos plutôt qu’un tissu synthétique.
- Consulter un médecin si la transpiration est abondante ou associée à d’autres signes.
En bref
- En plein hiver, beaucoup de personnes transpirent au bureau ou dans les transports, avec les aisselles humides malgré les couches de vêtements chauds.
- Le texte explique comment la thermorégulation, les matières des vêtements et un signal venu du cerveau peuvent déclencher cette transpiration quand il fait froid.
- Des pistes concrètes sont proposées pour agir sur ce déclencheur intérieur, limiter les odeurs de sueur en hiver et savoir quand solliciter avis médical.
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