Vous confiez vos soucis à ChatGPT ? Cette erreur met en danger votre santé, votre argent et vos secrets

Publié le ParRédaction Elle adore
© Reworld Media

Près d’un Français sur deux parle désormais d’amour, de santé ou d’argent avec une IA conversationnelle. Où s’arrêtent les confidences acceptables et ce qu’il ne faut jamais confier à une IA pour rester en sécurité ?

Il est 23 heures, l’hiver est glacé et vous terminez votre journée en racontant vos soucis à une interface de IA. Elle répond avec douceur, reformule vos peurs, vous appelle par votre prénom. Tout semble incroyablement humain, presque rassurant. Pourtant, en face de vous, il n’y a qu’un calculateur de probabilité, pas un ami bienveillant.

En France, le dernier rapport de la CNIL estime que près de la moitié des habitants utilise déjà une IA générative au quotidien. On lui demande de l’aide pour l’amour, la santé, le travail, la famille. À force, la frontière se brouille entre outil pratique et confident. C’est là que le terrain devient vraiment sensible.

Quand l’IA a l’air empathique, mais ne ressent strictement rien

Un modèle de langage ne « pense » pas : il enchaîne des mots qui ont statistiquement tendance à aller ensemble. Quand il écrit « Je comprends votre tristesse », il n’éprouve aucune compassion, il reproduit un schéma repéré dans ses données. L’illusion vient de nous : notre cerveau a envie d’y voir une personne, pas un programme.

Ce réflexe d’humanisation ouvre la porte à l’attachement émotionnel. La machine est toujours disponible, toujours polie, jamais fatiguée. Elle ne vous contredit presque jamais, ce qui peut donner l’impression d’être enfin écouté. Mais s’appuyer sur cette empathie simulée pour gérer une dépression, un deuil ou une crise de couple revient à s’en remettre à un miroir qui parle, pas à un thérapeute.

Santé, droit, argent : les pires sujets à confier à une IA

Sur les questions médicales, juridiques ou financières, l’algorithme peut se montrer sûr de lui tout en racontant n’importe quoi. Il est conçu pour fournir une réponse, même quand il manque d’informations, d’où ces fameuses « hallucinations » très convaincantes. Un faux conseil de traitement, une erreur sur un licenciement ou un crédit peuvent avoir des conséquences lourdes.

Les médecins et les avocats s’appuient sur un examen physique, un dossier complet, des nuances. L’IA, elle, ne voit que quelques lignes de texte. La CNIL résume d’ailleurs la prudence à adopter par une phrase choc : « Ne confiez pas à une IA ce que vous ne confieriez pas à quelqu’un que vous croiseriez dans la rue ». Garder ce réflexe change tout.

Photos, secrets et données sensibles : ce qui reste vraiment dans la machine

Autre zone rouge : vos données sensibles et vos secrets professionnels. Les échanges ne disparaissent pas par magie, ils peuvent servir à améliorer les futurs modèles. Lors du phénomène de « Ghibli Effect », des milliers d’utilisateurs ont envoyé leurs portraits pour les transformer façon studio Ghibli. « Des milliers de personnes téléchargent volontairement leurs photos sur ChatGPT… OpenAI obtient ainsi gratuitement l’accès à des milliers de visages nouveaux pour entraîner ses IA », observe Luiza Jarovsky, citée par Actualitté. Une étude de Cyberhaven montre aussi que 27,4 % des informations collées dans des IA par des salariés sont déjà sensibles.

Pour garder la main, mieux vaut bannir certaines demandes à une IA, même si l’interface a l’air intime :

  • Les détails précis sur votre santé ou celle d’un proche, diagnostics compris.
  • Les décisions juridiques ou financières qui peuvent engager votre avenir.
  • Les mots de passe, codes, numéros de carte ou informations bancaires complètes.
  • Les confidences très intimes sur votre sexualité, vos traumatismes ou vos conflits familiaux.
  • Les documents de travail sensibles : contrats, données clients, stratégie, dossiers RH.
  • Les dilemmes moraux profonds, pour lesquels un échange avec un humain reste irremplaçable.

En bref

  • En 2024, la CNIL alerte sur l’usage massif des IA génératives en France et sur les confidences sensibles que des millions d’usagers leur adressent.
  • Le texte détaille pourquoi santé, droit, argent, données personnelles ou secrets professionnels constituent un terrain risqué quand on les confie à une IA.
  • Des conseils concrets posent des limites claires afin d’utiliser l’IA au quotidien sans l’ériger en confident principal de ses aspects les plus vulnérables.