Ce doomscrolling de mauvaises nouvelles épuise votre cerveau : comment il sabote votre sommeil sans que vous le sentiez

Publié le ParRédaction Elle adore
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Chaque soir, des milliers de cerveaux restent en alerte, scotchés à un fil d’actualités anxiogènes. Que se passe‑t‑il vraiment dans le vôtre quand le doomscrolling s’installe ?

En plein hiver, beaucoup se retrouvent le soir sur le canapé, téléphone à la main, à faire défiler les alertes météo, les conflits, les catastrophes naturelles. Le moral plonge, la fatigue aussi, mais le pouce continue à scroller, presque tout seul. On sait que ces mauvaises nouvelles nous minent, pourtant impossible de fermer l’application au bon moment.

Ce réflexe porte un nom : doomscrolling, ou scroll anxiogène : une tendance compulsive à parcourir un fil d’actualités inquiétantes sans réussir à s’arrêter. Derrière ce geste en apparence banal, le cerveau ne réagit pas au hasard et les applis d’information savent très bien le stimuler. Entre radar interne du danger et hormones du stress, le piège se referme vite.

Doomscrolling : quand le fil d’actualités anxiogènes devient automatisme

Le doomscrolling désigne le fait de faire défiler des flux d’info remplis de crises, d’attentats ou de catastrophes, parfois pendant de longues minutes malgré le malaise ressenti. Chez les 18-24 ans, plus de sept sur dix consultent leur téléphone dès le réveil, et près de deux tiers des jeunes adultes dorment moins que les sept à neuf heures recommandées.

Les plateformes ont été pensées pour ce réflexe : fil infini, vidéos autolancées, alertes en temps réel. Chaque nouveau titre choc promet une information « importante », l’illusion de mieux comprendre le chaos ambiant. La peur de rater une annonce majeure entretient la vérification compulsive, ce fameux « encore un article et j’arrête » qui se transforme vite en demi-heure de scroll anxiogène.

Ce que le scroll anxiogène fait à l’amygdale, au cortisol et au sommeil

Face à ces alertes, l’amygdale, petite zone du cerveau qui détecte le danger, se comporte comme un radar. Chaque notification alarmante est traitée comme une menace potentielle, même si elle se déroule à des milliers de kilomètres. Le corps libère du cortisol, l’hormone du stress : cœur qui bat plus vite, respiration qui s’accélère, sensation de tension diffuse, parfois sans que l’on identifie la source.

À force de rester en alerte, ce mode survie déborde sur tout le cerveau. L’hippocampe, qui relie souvenirs et actualité, réactive d’anciennes peurs à chaque image de crise. Le cortex préfrontal, chargé de relativiser et de décider « j’ai assez d’informations », fatigue sous l’effet du stress chronique et du manque de sommeil. Résultat : anxiété qui s’installe, irritabilité, difficultés à s’endormir après une séance de doomscrolling nocturne.

Sortir du piège du doomscrolling : de nouveaux rituels pour le cerveau

Pour desserrer l’étau, une première piste consiste à instaurer une « diète d’actualités ». Dix minutes deux fois par jour, à heure fixe, sur un ou deux médias choisis, suffisent pour rester informé sans noyer le cerveau. Le reste du temps, on coupe les notifications d’info, on éloigne les applis d’actualité de l’écran d’accueil, et on évite systématiquement le scroll anxiogène au réveil et juste avant de dormir.

Vient ensuite le remplacement : à la place du lit-écran, on s’offre un couvre-feu numérique d’une heure avant le coucher, avec lecture, musique ou discussion. Une marche, le sport, la méditation ou la respiration favorisent des neurotransmetteurs apaisants comme la sérotonine, le GABA ou la noradrénaline. Petit à petit, le cerveau réapprend que la sécurité ne passe pas par un fil d’actualités ouvert en permanence.

En bref

  • En plein hiver, le doomscrolling transforme les soirées canapé et les réveils des jeunes adultes en sessions de scroll anxiogène qui grignotent sommeil et énergie.
  • Les mécanismes cérébraux impliquant amygdale, cortisol et cortex préfrontal expliquent comment un fil d’actualités anxiogènes peut entretenir l’alerte et l’anxiété.
  • Des pistes d’hygiène numérique et de nouveaux rituels montrent comment apprivoiser le doomscrolling sans renoncer totalement aux informations ni apaiser toutes les peurs.