Sous la douche, cette zone fragile que tout le monde savonne ruine votre peau : j’ai arrêté, les dermatos confirment
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Pendant des années, j’ai laissé l’eau brûlante et le shampoing ruisseler sur mon visage sous la douche. Jusqu’au jour où ma peau irritée m’a forcée à changer ce geste en apparence anodin.
Dans la salle de bains, le scénario est souvent le même : eau bien chaude, vapeur partout, et le réflexe de passer le pommeau directement sur le visage. Cette sensation de propreté extrême rassure, surtout en hiver quand on cherche à se réchauffer. Puis viennent rougeurs, tiraillements, petits boutons. Jusqu’au jour où arrêter de laver cette partie du corps sous la douche change tout.
De plus en plus de personnes racontent que, dès qu’elles ont choisi de ne plus laver leur visage sous la douche, mais de le réserver au lavabo, leur peau ne s’est jamais aussi bien portée. Moins de plaques sèches, un teint plus uniforme, moins d’irritations intimes aussi. En filigrane, toujours la même histoire : une barrière cutanée enfin respectée.
Pourquoi arrêter de laver son visage sous la douche change tout
Le visage n’a pas la même résistance que le reste du corps : sa peau est jusqu’à cinq fois plus fine et beaucoup plus riche en vaisseaux sanguins. Sous un jet brûlant, elle rougit vite, les capillaires se dilatent et, à force, la couperose peut s’installer. « L’eau chaude est très agréable, mais elle élimine en fait toute l’humidité de notre peau », précise le Dr Shilpi Khetarpal, dermatologue à la Cleveland Clinic, citée par Femme Actuelle.
L’eau chaude associée au calcaire dissout le film hydrolipidique, ce mélange d’eau et de sébum au pH autour de 5,5 qui protège naturellement le visage. La peau sort de la douche dénudée, elle tiraille, puis les glandes sébacées s’emballent : c’est la séborrhée réactionnelle. « Les patients n’imaginent pas combien l’eau chaude aggrave les crises d’eczéma », soulignait le Dr Magali Bourrel Bouttaz, dermatologue.
Eau chaude, shampoing et calcaire : ce qui abîme vraiment la barrière du visage
Sous la douche, la gravité fait ruisseler mousses de shampoing, après-shampoing et masques sur le front puis le dos. Très concentrés en tensioactifs, silicones, beurres minéraux ou quats, ces soins capillaires laissent sur la peau un film occlusif qui bouche les pores et entretient une acné dite cosmétique autour de la mâchoire et du front. Pour limiter les dégâts, le Dr Shilpi Khetarpal conseille une eau tiède, autour de 37,8 °C, et des douches d’environ 5 minutes shampoing compris.
Les zones intimes subissent le même excès de zèle. Les muqueuses abritent un microbiote fragile, avec un pH naturellement acide qui protège des mycoses. Un jet dirigé, trop chaud, associé à des gels parfumés, décape cette flore. Le lavage interne facilité par la douche vaginale est à proscrire absolument : l’intérieur du vagin est autonettoyant et l’eau calcaire peut au contraire favoriser vaginoses et irritations.
La routine au lavabo qui apaise le visage et les zones fragiles
Pour réparer la barrière cutanée après le nettoyage au lavabo, le Dr Shilpi Khetarpal mise sur la douceur : « Nous recommandons généralement de sécher la peau en la tapotant, sans frotter, car le frottement de la serviette peut éliminer davantage d’hydratant », avant de rappeler : « Dans les trois minutes qui suivent, il faut appliquer un hydratant pour vraiment emprisonner l’eau dans la peau ».
Sources
En bref
- Sous la douche, Dr Shilpi Khetarpal alerte sur l’impact de l’eau chaude, du calcaire et des produits capillaires sur la barrière du visage.
- Eau trop chaude, pression du jet et ruissellement des shampoings fragilisent le film hydrolipidique et peuvent entretenir rougeurs, tiraillements et acné cosmétique.
- Une routine au lavabo, plus tiède et ciblée sur le visage et les zones intimes, transforme peu à peu confort cutané et microbiote.
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