J’ai remplacé tous mes produits ménagers par du savon de Marseille : je regrette d’avoir attendu aussi longtemps
Un matin d'hiver, alors que la brume colle encore aux vitres et que la galette des rois embaume les boulangeries, beaucoup découvrent l'ampleur du désordre derrière la porte du placard ménager. Sprays anti-calcaire, crème pour l'acier, lingettes dépoussiérantes, nettoyant vitres et dégraissant four s'alignent, pendant que l'air intérieur prend un parfum d'usine plus que de maison.
Quand la lassitude face à cette accumulation rejoint l'envie d'un intérieur plus sain et d'un budget maîtrisé, une question s'impose : et si un simple bloc vert suffisait presque à tout faire ? De plus en plus de foyers choisissent de remplacer ses produits ménagers par du savon de Marseille, et le résultat surprend souvent bien au-delà du ménage.
Quand les produits ménagers envahissent la maison
Dans les rayons, les étiquettes promettent monts et merveilles, au point de transformer les domiciles en véritables laboratoires chimiques. Les bouteilles se multiplient sans jamais vraiment se vider, certaines ne servent qu'une fois. Les estimations parlent de 150 à 250 euros par an consacrés aux produits d'entretien, parfois 220 à 250 euros selon les foyers, sans compter les aérosols irritants et les mélanges potentiellement dangereux.
Derrière ces emballages colorés, le revers apparaît : air pollué par les vapeurs, nez qui pique, eczéma ou allergies qui se réveillent après le grand nettoyage. Face à ces signaux, l'idée d'un retour à l'essentiel gagne du terrain, avec l'envie de limiter les risques pour la santé tout en allégeant la facture.
Savon de Marseille : le cube qui fait presque tout
Le savon de Marseille authentique se reconnaît à sa composition minimaliste : au moins 72 % d'huiles végétales, de l'eau, du sel et de la soude, sans parfum, sans colorant ni conservateur. Un véritable cube porte souvent la mention "72 % d’huile" gravée dans la masse. Les savonneries traditionnelles de la région marseillaise perpétuent cette recette, loin des faux frères parfumés, colorés ou enrichis en glycérine qui encrassent linge et canalisations.
Derrière son apparence brute, ce savon dégraisse, détache, désinfecte et assainit. Un peu râpé puis dissous dans de l'eau chaude, il fait briller l'évier, les poêles incrustées, les plans de travail. Dans la salle de bains, un gant humide passé sur le cube, puis un rinçage à l'eau claire, suffisent pour faïences, robinetterie et joints. Un bloc remplace alors sprays dégraissants, crème à récurer et nettoyant salle de bains, tout en revenant environ trois fois moins cher sur l'année.
Ce que remplacer ses produits ménagers par du savon de Marseille change vraiment
Côté buanderie, la bascule est nette. Fabriquer une lessive maison devient un geste simple et économique, sans emballage plastique ni parfum agressif :
- 50 g de savon de Marseille râpé
- 1 litre d'eau très chaude
- 1 cuillère à soupe de bicarbonate de soude
Le mélange refroidi donne une lessive liquide efficace sur la plupart des textiles, laissant un linge propre, sans résidu allergène. Les personnes sujettes à l'eczéma ou à l'asthme évoquent un vrai soulagement, avec une réduction des allergènes dans l'air intérieur.
Au fil des mois, les bénéfices s'additionnent : moins de flacons vides à trier, moins de microplastiques rejetés, placards désencombrés. Les premiers essais réservent quelques ratés, comme un linge un peu rêche sans vinaigre en bac d'assouplissant ou une vaisselle très grasse qui demande de doser le savon. Mais en remplaçant un produit après l'autre, le budget d'entretien se trouve souvent divisé par trois, avec plus de 200 euros économisés par an et la sensation d'une maison plus simple à vivre.