« Je vais juste chercher du pain » : cette habitude vous coûte jusqu’à 120 € par mois sans que vous en rendiez compte
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Une baguette à 1,30 €, un ticket à 30 € : cette scène banale concerne 7 foyers sur 10. Entre achats d’impulsion au supermarché et budget alimentaire sous pression, l’addition grimpe vite.
La scène est familière : quelqu’un lance « je vais juste chercher du pain » et file à la boulangerie ou à la supérette. Dans la tête, le calcul est simple, une ou deux baguettes, quelques pièces, presque rien. Pourtant, il revient avec un sac bien rempli, du café en promo, des biscuits pour le goûter, un petit fromage repéré au passage. Et le ticket de caisse affiche déjà 20 ou 30 euros.
En ce mois de février 2026, alors que les dépenses de logement, d’énergie ou d’assurances ont encore augmenté en 2025, ces écarts répétés pèsent lourd sur le porte‑monnaie. Ce qui ressemble à une innocente course de dépannage finit par grignoter sérieusement le pouvoir d’achat. Pour une grande partie des ménages, cette phrase anodine cache jusqu’à 120 € de dépenses par mois sans qu’on s’en rende compte.
Le piège des petites courses : la baguette, produit d’appel involontaire
Derrière ce scénario se cachent des achats d’impulsion au supermarché. On entre pour un produit vital et peu cher, comme une baguette à 1,30 €, et le cerveau baisse sa garde. Sur place, une promotion sur le café attire l’œil, un paquet de gâteaux « pour les enfants », un plat préparé pour se simplifier le dîner. Trois ou quatre articles s’ajoutent, et la petite dépense explose.
Les magasins connaissent ce mécanisme par cœur. Les produits de base sont souvent au fond, obligeant à traverser des rayons remplis de têtes de gondole colorées, odeurs de viennoiseries chaudes, promos bien visibles. Fatigue, faim, charge mentale font le reste : la bataille mentale est très inégale et l’achat d’impulsion l’emporte presque toujours.
De 15 à 30 € par semaine : une fuite d’argent invisible pour 7 foyers sur 10
Pris isolément, ces écarts semblent supportables. Sauf que, pour une majorité de Français, ces sorties improvisées génèrent entre 15 et 30 € de dépenses imprévues par semaine. Sur un mois, cela peut représenter jusqu’à 120 €, soit 1 440 € sur une année entière. Les observations actuelles indiquent qu’environ 7 foyers sur 10 tombent dans ce piège.
Le phénomène reste discret car l’argent s’en va en petits paiements sans contact, tickets aussitôt jetés. Cette « fuite d’argent invisible » se cumule alors que l’alimentation pèse déjà autour de 16 % du budget total des ménages. Dans un contexte de pouvoir d’achat sous pression, chaque pain au prix fort ou paquet de biscuits de dépannage réduit d’autant le reste à vivre.
Listes, fond de placard et nouveaux réflexes pour reprendre la main
La parade la plus efficace consiste à ne jamais entrer en magasin sans une vraie liste de courses, construite à partir d’un minimum de menus pour la semaine. Règle simple : ce qui n’est pas sur la liste ne finit pas dans le panier. Cette discipline limite le gaspillage et coupe court aux achats émotionnels, ceux que l’on regrette aussitôt rentré.
Autre levier clé : constituer un fond de placard pour ne plus être obligé de descendre « juste pour du lait ». Quelques basiques suffisent :
- pâtes, riz, semoule, lentilles ;
- conserves de légumes ou de poisson (thon, sardines) ;
- lait ou crème UHT d’avance ;
- œufs ;
- farine et levure.
Avec ces réserves, improviser un repas reste possible sans ressortir la carte bancaire. Les 120 € économisés chaque mois peuvent alors alimenter une épargne de précaution d’un ou deux mois de dépenses, ou un vrai budget plaisir choisi, et non subi.
En bref
- En février 2026, les petites courses de dépannage génèrent 15 à 30 € hebdomadaires, soit jusqu’à 120 € mensuels pour 7 foyers sur 10.
- Achats d’impulsion au supermarché, produits d’appel et parcours client étudié transforment une baguette à 1,30 € en ticket de caisse largement plus salé.
- Entre listes de courses, fond de placard et nouveaux réflexes, de simples ajustements suffisent à transformer ces dépenses invisibles en véritable marge de manœuvre.
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