Plus d'amis proches à 40 ans : cette révélation des psys sur ces profils dits « antipathiques » pourrait tout changer

Publié le Par Rédaction Elle adore
Plus d’amis proches à 40 ans : cette révélation des psys sur ces profils dits « antipathiques » pourrait tout changer © Reworld Media

Ne plus avoir d’amis proches à 40 ans fait parfois douter de sa valeur. Et si, derrière ce silence, se cachait surtout l’usure d’années à trop donner ?

Arriver à la quarantaine avec un téléphone qui ne sonne presque plus, ou le sentiment de ne plus avoir d’amis intimes, fait souvent honte. Dans une société de l’ »hypercontact », tout pousse à croire que si l’on a plus d’amis proches à 40 ans, c’est qu’on est froid, compliqué, voire antipathique. Pourtant la clinique montre souvent l’inverse.

Les psychologues décrivent fréquemment des profils très généreux, longtemps « amis piliers », qui ont porté les liens presque seuls avant de s’épuiser. Après des années de dîners organisés, d’écoutes nocturnes et de services rendus, ils cessent d’initier les contacts. Le cercle se rétrécit alors brutalement, non parce qu’ils seraient moins aimables, mais parce qu’ils ne subventionnent plus des relations à sens unique.

Plus d’amis proches à 40 ans : le prix d’avoir trop donné

Le récit rapporté par VegOutMag décrit une expérience radicale : l’auteur liste onze « amis proches », n’initie plus aucun message pendant six mois et attend. Deux seulement reviennent vers lui, dont sa mère. Cette expérience personnelle rejoint ce que des chercheurs appellent un test d’initiative : quand celui qui donnait tout se met en retrait, beaucoup de liens s’éteignent d’eux-mêmes.

Psychologiquement, il ne s’agit pas d’amertume mais d’un mélange d’épuisement relationnel et d’apprentissage. Le système nerveux comprend que chaque sortie, chaque appel, coûte de l’énergie, et qu’une amitié où l’autre ne se manifeste jamais vraiment est trop chère à entretenir. Ce retrait ressemble à de la froideur de l’extérieur, alors qu’il fonctionne plutôt comme une convalescence.

Surdon, peur du rejet et retrait social à la mi-vie

Dans son livre Détache-moi (Anne Carrière), le pédopsychiatre Marcel Rufo écrit : « Nous sommes tous un peu envieux de […] ceux qui savent être en tête à tête avec eux-mêmes et ne compter que sur eux ». Cette autonomie peut être saine, mais, chez d’anciens surdonneurs, elle se transforme parfois en carapace : « Je n’ai besoin de personne », comme Mélanie, 35 ans, qui confie cela à Psychologies.com, plutôt que « J’ai trop été déçue ».

Pour le psychiatre et psychothérapeute Frédéric Fanget, « personne ne peut se suffire à lui-même ». Il parle aussi de « des arguments rationnels que ces solitaires se cherchent, par refus d’admettre la vraie raison de leur retranchement : la peur des autres ». Après des relations déséquilibrées, beaucoup développent une peur du rejet, une difficulté à faire confiance et une indépendance affichée qui tient surtout de la protection.

Se reconstruire quand on a trop donné en amitié

Psychologies.com rappelle, en s’appuyant sur des études citées par L’Internaute, que la solitude prolongée peut avoir des effets sur la santé comparables au fait de fumer plusieurs cigarettes par jour, et que la pandémie de Covid-19 a encore réduit les interactions sociales. Pour autant, l’étude de Harvard sur le développement des adultes, menée depuis plus de quatre-vingts ans, montre que ce qui compte pour le bien-être et la longévité, ce n’est pas la taille du réseau, mais la chaleur de quelques relations vraiment proches.

Pour celles et ceux qui se reconnaissent dans ce profil, la psychologie invite à un double mouvement : faire le deuil des anciennes amitiés sans se dénigrer, puis rouvrir doucement la porte à des liens plus équilibrés. Cela passe par un petit « audit » intérieur, en observant qui prend des nouvelles sans y être poussé, qui propose des moments partagés, mais aussi par l’acceptation de poser des limites. Un très petit nombre d’amitiés réciproques, construites à ce rythme-là, peut suffire à transformer une quarantaine silencieuse en vie relationnelle plus juste.

Sources

En bref

  • À 40 ans, se retrouver avec peu d’amis proches renvoie souvent à un passé d’ami pilier et de surdon relationnel.
  • Quand ces personnes cessent d’organiser, appeler et soutenir en permanence, un test d’initiative mutuelle révèle brutalement la fragilité de nombreuses amitiés.
  • La psychologie propose ensuite d’autres façons de se relier, plus sélectives et protectrices, qui transforment ce vide apparent en base d’un cercle choisi.