Verrière, claustra... arrêtez les travaux : cette séparation japonaise, bien moins chère, envahit nos intérieurs
© Reworld Media
Entre verrière trop chère et claustra définitif, un noren, rideau japonais millénaire, séduit de plus en plus les intérieurs français. Modulable, léger, il change la façon de séparer les pièces sans toucher aux murs.
En plein hiver, quand la lumière naturelle se fait rare, beaucoup de salons français ressemblent à des boîtes fermées. On rêve d’un coin bureau isolé, d’une entrée plus marquée, d’une cuisine un peu cachée, sans pour autant monter une verrière ou un mur en placo. Et sans engloutir plusieurs mois de budget déco.
Ces dernières années, la verrière intérieure et le claustra ont été érigés en solutions miracles, mais leur prix, les travaux et leur côté définitif freinent plus d’un locataire. En coulisses, un rideau japonais longtemps cantonné aux izakaya commence pourtant à s’imposer : le noren, séparation textile souple, modulable et bien moins chère que le verre.
Noren, rideau japonais malin qui fait oublier la verrière
Une verrière sur mesure, comme la plupart des séparations en verre, avec pose se chiffre vite en centaines, parfois en milliers d’euros, pour une structure fixe qu’on ne déplacera plus. Même combat pour un claustra en bois ou métal. Dans un deux-pièces en location, condamner la lumière d’une fenêtre ou se lancer dans des travaux poussiéreux décourage, alors que le besoin d’intimité, lui, reste bien réel.
Le noren répond exactement à ce casse-tête. C’est un panneau de tissu fendu en son milieu : on traverse, le tissu se referme doucement derrière soi, sans claquer comme une porte. Il suffit d’une tringle extensible ou d’une barre de tension pour l’installer entre deux murs, sans trou ni perceuse, en quelques secondes, ce qui en fait un allié précieux des locataires.
Du Japon traditionnel à nos salons : l’esprit des cloisons légères
Né il y a plus de mille ans, le noren aurait d’abord été tressé en paille pour protéger du vent, du soleil et des regards indiscrets. À la Période Edo, il devient une sorte d’enseigne : les commerçants y peignent leur nom ou leur blason, et certains onsen l’utilisent encore pour séparer les espaces hommes et femmes, dans un geste presque cérémoniel.
Dans les maisons japonaises, le même goût pour les séparations légères se retrouve avec les panneaux coulissants shôji et fusuma. Ces cloisons en bois et papier washi laissent la lumière pénétrer tout en préservant l’intimité ; la matière « respire », explique le site Japan Experience, créant une atmosphère douce. Certains modèles vitrés, les yukimi shôji, sont même surnommés le « shôji qui laisse entrevoir la neige ».
Comment adopter le noren chez soi, sans travaux ni gros budget
Concrètement, un noren coûte souvent quelques dizaines d’euros quand une verrière exige un budget de plusieurs centaines, voire de milliers d’euros matériaux et pose compris. En choisissant un lin lavé ou un coton fin, on obtient une séparation de pièce légère qui laisse la lumière filer, tout en floutant les vues et en calmant un peu les odeurs de cuisine. La longueur idéale s’arrête à mi-hauteur ou aux trois-quarts du mur pour garder cette impression de légèreté. Quelques idées pour l’utiliser au quotidien :
- À l’entrée, pour cacher manteaux et chaussures tout en coupant les courants d’air.
- Entre chambre et dressing, pour dissimuler les rangements sans bloquer la ventilation.
- Devant la cuisine ou la buanderie, pour masquer l’évier et le linge en attente.
- Dans le salon, pour créer un coin bureau de télétravail qui se fait oublier le soir.
En bref
- En plein hiver, les intérieurs français cherchent une alternative à la verrière intérieure et au claustra, et le noren, rideau japonais millénaire, s’invite discrètement.
- Installé sur une simple barre de tension, ce panneau de tissu fendu structure l’espace, filtre la lumière et suggère plus d’intimité sans cloisonner.
- Entre entrée, cuisine, dressing ou coin bureau, ce rideau japonais économique ouvre de nombreuses pistes pour réinventer son intérieur avec souplesse et esprit japonais.
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