Voici ce haut rayé mythique, seule pièce mode qui traverse les décennies (et il manque peut‑être à votre dressing)
© Reworld Media
Née sur les ponts de la Marine nationale en 1858, la marinière s’est imposée des ports bretons aux cafés parisiens. Comment ce simple tricot rayé est-il devenu le basique dont aucune Française ne veut se passer ?
Chaque saison apporte son lot de micro-tendances, de couleurs à la mode et de pièces « must-have » aussitôt vues, aussitôt oubliées. Au milieu de ce tourbillon, une question revient toujours dans les conversations entre amies : existe-t-il vraiment un vêtement capable de traverser les années sans perdre la moindre once de style ? Un simple tricot rayé, né loin des podiums, semble bien tenir ce rôle discret mais puissant.
En février, quand on a besoin de douceur dans ses tenues tout en rêvant déjà de terrasses ensoleillées, ce haut rayé revient comme un réflexe rassurant. Il parle de Bretagne, d’embruns et de week-ends à la mer, mais il se porte surtout sur le bitume parisien. Et si cette pièce, plus que toute autre, était la vraie héroïne silencieuse de notre dressing : la mythique marinière ?
De l’uniforme de la Marine nationale au symbole du chic français
Tout commence officiellement le 27 mars 1858, quand un décret impose le tricot rayé dans l’uniforme des matelots et quartiers-maîtres de la Marine nationale. Rien de fashion à l’origine : les rayures indigo sur fond blanc servent surtout à repérer plus facilement un homme tombé à la mer. La version traditionnelle compte 21 bandes bleues, nombre souvent associé, par la légende, aux victoires de Napoléon, preuve que cette pièce est d’abord un outil de survie avant d’être un symbole de style.
Il faudra ensuite l’intuition de Gabrielle Chanel, lors de ses séjours à Deauville au début du XXe siècle, pour faire entrer la marinière dans la ville. En observant les pêcheurs, elle remarque la liberté que procure ce jersey souple et décide de l’adapter au corps des femmes, alors encore serré dans les corsets. D’un vêtement de travail masculin, elle fait une pièce chic bientôt revisitée sur les podiums par Jean Paul Gaultier, Dior ou Chanel.
Pourquoi la marinière reste la seule vraie pièce intemporelle du dressing français
Au fil du temps, la marinière est devenue le raccourci le plus simple vers ce fameux « je ne sais quoi » français que le monde entier fantasme. Ses rayures structurent la silhouette sans la figer, donnent du caractère à un simple jean, tout en restant incroyablement sobres. Elle efface les frontières sociales, se glisse aussi bien sur les épaules d’une étudiante que sur celles d’une directrice, et offre cette allure juvénile et frondeuse décrite comme l’anti-bling par excellence.
Autre secret de cette pièce intemporelle : elle n’a pas d’âge. Tricotée de belle qualité, la marinière accompagne la vingtaine insouciante, la quarantaine pressée, la soixantaine flamboyante. On la pique dans l’armoire de sa mère, on la prête à sa fille, on la retrouve des années plus tard sans qu’elle paraisse datée, loin de la fast fashion éphémère.
Bien choisir sa marinière pour qu’elle traverse vraiment les décennies
Pour que la magie opère, mieux vaut bien choisir sa marinière. On oublie les t-shirts fins et transparents : ce vêtement vient de la mer, il doit avoir de la tenue et un coton assez épais.
On regarde aussi la coupe, ajustée ou légèrement ample selon la morphologie, l’alignement des rayures aux coutures et, pour les plus exigeantes, une fabrication Made in France que l’on sera fière de garder longtemps.
En bref
- Depuis le décret du 27 mars 1858 et l’intuition de Coco Chanel à Deauville, la marinière s’impose comme repère fort du dressing français.
- Entre histoire maritime, chic parisien et conseils pour bien la choisir, cette pièce rayée révèle pourquoi elle traverse les saisons sans perdre sa modernité.
- De la coupe à la qualité du coton, une série de critères précis permettrait d’en faire la seule marinière capable de durer des années.
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