Arrêtez d’acheter du terreau : ces deux déchets de cuisine suffisent pour remplir tous vos pots ce printemps
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À chaque saison de plantations, les sacs de terreau pèsent sur le dos et le porte‑monnaie. Et si deux déchets de votre cuisine remplaçaient la jardinerie ?
Les sacs de 50 litres s’empilent en jardinerie, lourds à porter et lourds pour le budget, surtout quand on multiplie les plantations. Chaque printemps, la même question revient : faut‑il vraiment racheter du terreau pour remplir bacs, jardinières et pots de balcon ? Pourtant, la solution se cache souvent dans la cuisine.
Entre la planche à découper et la cafetière, vous produisez chaque jour de quoi fabriquer un terreau maison riche et gratuit. Épluchures de carottes, marc de café encore tiède, quelques feuilles mortes récupérées sur le trottoir suffisent à nourrir vos plantes. Derrière ce geste simple, il y a aussi un vrai enjeu écologique.
Pourquoi remplacer le terreau du commerce par un terreau maison
Le terreau reste un support de culture clé : plus léger et plus aéré que la simple terre de jardin, il facilite l’enracinement et retient l’eau sans étouffer les racines. Remplir chaque année tous les contenants peut pourtant représenter une dépense importante pour un jardinier amateur, surtout lorsque les surfaces augmentent.
La plupart des terreaux du commerce sont composés en grande partie de tourbe, issue de tourbières très lentes à se régénérer. Leur extraction détruit des milieux qui stockent beaucoup de carbone et abritent une biodiversité discrète. À cela s’ajoutent sacs plastiques et transport. Fabriquer son propre terreau maison réduit ces impacts tout en donnant un substrat vivant.
Deux ingrédients de la cuisine pour un terreau maison : épluchures et marc de café
Premier ingrédient, les épluchures de légumes. Carottes, poireaux, courgettes, pommes de terre… ces restes que l’on jette sans y penser sont riches en azote, ce que les spécialistes du compost appellent la « matière verte ». Elles apportent aussi humidité et sucres qui nourrissent bactéries et champignons du sol. En les gardant, vous remplacez déjà une bonne part du sac de terreau.
Vient ensuite le duo marc de café et feuilles mortes. Le marc fournit du carbone, du potassium et du magnésium, tout en donnant de la structure au mélange. Les feuilles mortes, broyées, aèrent le tas et complètent la « matière brune ». Trop de vert donne une bouillie malodorante, trop de brun ralentit la décomposition ; l’ensemble doit rester humide comme une éponge essorée.
Transformer ces déchets en terreau maison : la règle 50‑30‑20
Il ne suffit pas d’entasser ces déchets. Dans un seau percé, un bac en bois ou un composteur de balcon, alternez couches d’épluchures et de marc mélangé à des feuilles. L’air doit pouvoir circuler pour que la fermentation reste aérobie. Pour un usage en terreau de semis ou de rempotage, il faut attendre un compost mûr d’au moins six mois, noir, grumeleux, à l’odeur de sous‑bois.
Une fois ce compost prêt, il devient la base de votre terreau maison avec marc de café et épluchures. Pour obtenir un substrat proche de celui des professionnels, respectez la règle 50‑30‑20, puis passez le mélange au tamis d’environ 5 millimètres pour les semis afin d’offrir un lit fin et homogène aux jeunes racines.
- 50 % de compost mûr tamisé pour nourrir le substrat ;
- 30 % de terre de jardin pour stabiliser le mélange ;
- 20 % de sable de rivière ou de perlite pour garder des racines bien aérées.
En bref
- Face au prix des sacs, des jardiniers fabriquent un terreau maison avec marc de café et épluchures, même sur un balcon urbain.
- Le guide explique comment transformer ces déchets en compost mûr, équilibré entre matières vertes et brunes, avant de servir de base à un substrat.
- Proportions précises, temps de maturation et finition au tamis réservent pourtant quelques surprises à ceux qui veulent se passer totalement de terreau du commerce.
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