Fin d’hiver : ce déchet de colis que vous jetez protège vos jeunes fruitiers des campagnols sans chimie
© Reworld Media
Au sortir de l’hiver, des jeunes pommiers s’effondrent sans tempête : les campagnols terrestres ont rongé leurs racines. Un simple manchon de carton ondulé, posé au bon moment autour du collet, change radicalement la donne.
Au sortir de l’hiver, le jardin paraît calme. Puis un matin, un jeune pommier jaunit, se couche sans tempête ni branche cassée. En tirant sur le tronc, il vient presque comme un tuteur, avec très peu de racines. Derrière cette scène qui brise le cœur des jardiniers se cache souvent le même responsable, le campagnol terrestre.
Ce petit rongeur fouisseur profite de la disette pour circuler en galeries et sectionner racines et collet des jeunes arbres fruitiers plantés à l’automne. Un individu peut manger jusqu’à 10 % de son poids chaque jour, de quoi faire perdre 5 à 15 % d’un jeune verger et jusqu’à 40 % de rendement sur un arbre atteint. Une protection mécanique, simple et issue du recyclage, peut pourtant stopper cette hécatombe silencieuse.
Campagnols et jeunes arbres fruitiers : pourquoi la fin d’hiver est si risquée
En fin d’hiver, quand l’herbe ne pousse plus, les campagnols ciblent ce qu’ils trouvent de plus tendre : le système racinaire des jeunes fruitiers. Les racines fines, encore peu lignifiées, se coupent comme des fils. Tout se joue sous terre, le tronc reste intact, sans trace de dents, et le jardinier ne découvre le problème qu’au moment où l’arbre devrait repartir.
Souvent, ces rongeurs empruntent en plus les galeries des taupes. Le sol paraît calme, presque net, alors que les racines se font rogner à quelques centimètres du tronc. La zone la plus visée reste le collet, ce point de jonction vital. Tant que cette partie reste ouverte, même les prédateurs naturels ne peuvent pas éviter les pertes en série dans un jeune verger.
Carton ondulé autour du collet : la parade validée contre les campagnols
La bonne nouvelle, c’est qu’une simple bande de carton ondulé brun non traité, récupérée sur un colis, forme une vraie barrière mécanique autour du collet. Des observations menées par des organismes de recherche comme l’INRAE montrent qu’un manchon bien posé réduit de plus de 80 % les attaques sur les jeunes arbres fruitiers. L’épaisseur créée par 2 à 3 tours serrés et une matière peu intéressante pour les rongeurs les dissuadent de passer.
Pour que l’astuce fonctionne, le manchon doit viser précisément la zone attaquée et descendre dans le sol sur environ 10 cm. La pose se fait en quelques gestes :
- Dégager légèrement la terre autour du tronc sur 10 à 15 cm de profondeur, sans blesser les grosses racines.
- Découper une bande de carton ondulé brun, enlever adhésifs et agrafes, puis l’enrouler en 2 à 3 tours serrés autour du tronc.
- Enterrer la base du cylindre sur environ 10 cm, remettre la terre en tassant bien pour supprimer les interstices et, si besoin, nouer une ficelle naturelle.
Que devient ce manchon en carton ondulé au printemps dans votre verger
Contrairement aux raticides ou aux manchons plastiques, le carton ondulé reste sans danger pour les enfants, les animaux de compagnie et les prédateurs naturels des campagnols. Installé en fin d’hiver, il protège la période critique, puis commence à se dégrader avec la pluie et la remontée des températures. Ses fibres de cellulose nourrissent la vie du sol, attirent les vers de terre et deviennent un petit amendement organique au pied de l’arbre.
Sources
En bref
- En fin d’hiver, le campagnol terrestre s’attaque en silence aux jeunes arbres fruitiers, sectionnant collet et racines superficielles sous un verger apparemment sain.
- Une astuce à base de carton ondulé brun non traité, installée autour du collet, limite fortement les dégâts sans produit chimique ni matériel coûteux.
- Cette méthode gratuite, validée par la recherche agronomique, protège au moment critique tout en se transformant ensuite en alliée de la vie du sol.
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