Ces restes du réveillon à garder absolument : au potager ils transforment votre sol et dopent vos récoltes
Sur la table du réveillon, le plateau de fruits de mer attire tous les regards, avec ses huîtres, moules, crevettes et coquilles Saint-Jacques. Une fois la fête terminée, restent des montagnes de coquilles qui partent presque toujours à la poubelle, alors qu’elles cachent un atout étonnant pour le jardin.
En plein mois de janvier, quand la terre semble endormie, ces restes de fête peuvent déjà préparer les récoltes du printemps. En recyclant les coquilles de fruits de mer au jardin, certains jardiniers obtiennent un sol plus souple, moins acide et des plants étonnamment vigoureux. Une transformation qui commence au cœur de l’hiver.
Pourquoi les coquilles de fruits de mer profitent tant au potager
Ces enveloppes du réveillon ne sont pas de simples déchets. Elles sont composées à plus de 90 % de carbonate de calcium, donc riches en calcium, mais aussi en magnésium, potassium, zinc et autres oligo-éléments recherchés par les plantes. Sur un sol acide, cet apport rééquilibre progressivement le pH et crée un environnement plus favorable à la plupart des légumes.
Une fois broyées et répandues, les coquilles structurent la terre, améliorent le drainage et limitent le tassement, surtout dans les sols argileux. L’humidité de l’hiver et les micro-organismes les fragmentent peu à peu, ce qui nourrit la microfaune : vers de terre, bactéries et champignons deviennent plus actifs, rendant les nutriments plus disponibles pour le potager et le verger.
Comment préparer et épandre les coquilles au jardin en hiver
La méthode reste simple. Il suffit de rincer soigneusement huîtres, moules et carapaces de crustacés pour enlever le sel et les restes de chair, puis de les laisser sécher quelques jours pour éviter les odeurs. Vient ensuite le broyage, avec un maillet, un rouleau à pâtisserie, un pilon ou un vieux mixeur, afin d’obtenir des morceaux de 2 à 5 centimètres ou plus fins pour une action plus rapide.
L’épandage se fait sur sol humide mais non gelé, en plein hiver, sur les parcelles encore libres ou au pied des arbres fruitiers. On compte environ 500 à 700 g de coquilles pour 10 m², ou une simple poignée par mètre carré, avant de griffer légèrement la surface. Pratique utile aussi au compost, mélangée aux épluchures ou au marc de café, à condition de ne pas en abuser. Quelques erreurs restent à éviter :
- laisser les coquilles entières, trop longues à se décomposer ;
- surcharger la terre au même endroit ;
- épandre sur les cultures déjà en place ou sur un sol gelé.
Effets au printemps : un sol plus vivant et des plantes renforcées
Au retour du soleil, la différence se voit : terre plus meuble, qui se réchauffe vite et garde mieux l’humidité, semis plus réguliers et plants de tomates, courges, choux ou haricots bien installés. Le calcium limite certaines nécroses sur les tomates et aide à prévenir la fonte des semis. Les fragments en surface constituent aussi une barrière peu agréable pour les limaces.
Cette habitude hivernale doit toutefois s’adapter au jardin. Sur un sol déjà très calcaire ou au pied des plantes de terre de bruyère, comme les rhododendrons, myrtilles ou hortensias bleus, les apports de coquilles ne conviennent pas. Ailleurs, un simple seau réservé aux coquilles après chaque fête suffit pour transformer un reste du réveillon en rituel zéro déchet et en précieux coup de pouce pour le potager.