Cette poudre grise de votre cheminée que vous jetez encore remplace les engrais et anti-limaces du commerce au potager

Publié le ParRédaction Elle adore
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Au cœur de l’hiver, une simple poudre grise issue de la cheminée pourrait remplacer bien des engrais et anti-limaces au potager. Mais mal utilisée, cette alliée gratuite finit par abîmer la terre et vos récoltes.

Fin d’hiver, le seau de cheminée se remplit d’une poudre grise que beaucoup jettent aussitôt, avant d’aller acheter engrais, anti-limaces ou anti-mousse en jardinerie. Dans le même temps, des enquêtes comme celle de l’association Générations Futures rappellent que près de 73 % des fruits non bio analysés portaient au moins un résidu de pesticide. L’idée d’un potager nourri et protégé sans chimie séduit de plus en plus.

Nos grands-parents, eux, ne jetaient jamais ce résidu. Vider le foyer au pied des arbres fruitiers ou sur le carré de pommes de terre faisait partie des gestes du quotidien, simplement parce qu’ils constataient que la végétation y était plus vigoureuse. Derrière ce réflexe de bon sens se cache en réalité un bouclier naturel pour le potager, à condition de savoir s’en servir.

Cendre de bois : un faux déchet, vrai engrais pour le potager

Ce résidu, c’est la cendre de bois issue de bûches non traitées. Elle concentre les minéraux que l’arbre a mis des années à puiser : environ 20 à 50 % de calcium, 3 à 9 % de potassium, mais aussi du magnésium, du phosphore et divers oligo-éléments. L’azote, lui, s’est volatilisé au feu, ce qui évite tout risque de brûlure violente comme avec certains engrais chimiques trop riches.

Le potassium donne un véritable coup de fouet à la floraison et à la fructification des tomates, pommes de terre ou arbres fruitiers, tout en renforçant leurs défenses naturelles. Le calcium joue un rôle d’amendement calcaire : il corrige doucement l’acidité, allège les terres lourdes, casse les mottes et rend le sol plus respirant. En une seule poignée, cette poudre nourrit, restructure le sol et prépare des récoltes généreuses sans sac d’engrais industriel.

Une barrière gratuite contre limaces, escargots et mousse

La cendre de bois ne se contente pas de nourrir. Son pH très alcalin, autour de 10 à 13, et sa texture très fine en font une arme naturelle contre les limaces et escargots. Disposée en cordon sec autour des jeunes salades ou radis, elle absorbe l’humidité, assèche leur mucus et irrite leur pied : les gastéropodes hésitent à franchir cette ligne. La protection disparaît dès que la cendre est mouillée, ce qui impose de la renouveler sans excès.

Sur une pelouse envahie de mousse, la richesse en calcium aide aussi à remonter légèrement le pH, milieu que la mousse supporte mal. Un voile très fin sur les zones concernées limite son retour tout en améliorant la structure du sol. Ce double usage fertilisant et répulsif évite les granulés toxiques et les traitements anti-mousse du commerce, qui finissent souvent dans l’eau du jardin.

Mode d’emploi : doser, cibler et éviter les erreurs

Tout commence par la qualité du combustible : seules les cendres de bois brut, naturel et sec sont utilisables. Bois peint ou verni, palettes, contreplaqué, panneaux de particules, cartons imprimés ou prospectus libèrent des métaux lourds et des résidus d’encres qui peuvent se retrouver dans les légumes. Il faut tamiser la cendre pour retirer clous et gros charbons, puis la stocker bien au sec dans un seau métallique fermé.

Côté quantité, la règle est stricte : les agronomes conseillent de ne pas dépasser 100 g par mètre carré, soit l’équivalent de deux grosses poignées par an, et l’INRAE recommande plutôt 30 à 50 g/m². Mieux vaut un apport en fin d’hiver, éventuellement un second à l’automne, en saupoudrant un voile gris que l’on griffe légèrement dans le sol. On vise les légumes-fruits, les légumes-racines, les arbres fruitiers et la pelouse, en évitant totalement les plantes de terre de bruyère comme hortensias, rhododendrons, camélias ou myrtilliers, ainsi que les semis tout juste levés, trop fragiles pour supporter cette alcalinité.

Sources

En bref

  • Entre fin d’hiver et semis, une poudre de cheminée s’impose comme ressource clé pour un potager sain, tandis que Générations Futures alerte sur les pesticides.
  • Riche en minéraux, cette poudre nourrit le sol, améliore sa structure et forme une barrière mécanique contre limaces, escargots et mousse lorsqu’elle reste sèche.
  • Dosage limité, cultures ciblées et zones interdites composent un mode d’emploi précis, indispensable pour profiter de cette ressource gratuite sans épuiser le potager.