Ce simple accessoire de cuisine peut sauver les hérissons dès le retour des beaux jours, et vous l’avez déjà
© Reworld Media
Au sortir de l’hibernation, le hérisson d’Europe affamé et déshydraté affronte nos jardins urbains truffés de pièges d’eau. Un banal objet de cuisine peut pourtant transformer votre extérieur en refuge discret au retour des beaux jours.
Quand les premières journées douces arrivent, le jardin semble se réveiller. Pourtant, derrière les haies, le hérisson d’Europe, classé espèce menacée sur la liste rouge de l’UICN, vit un moment critique. Au milieu de ces dangers, un objet posé dans la cuisine peut réellement lui sauver la vie.
Sorti d’une hibernation en plusieurs phases, souvent dès février, ce petit mammifère a perdu jusqu’à 30 %, parfois même 40 %, de son poids et ses réserves de graisse sont presque vides. Il doit vite boire et manger alors que les insectes, limaces et escargots se font rares. Tout se joue dans notre gestion de l’eau.
Retour des beaux jours : un réveil épuisant pour le hérisson
Quand un hérisson sort de sa torpeur en fin d’hiver, il se trouve en véritable urgence énergétique. Son métabolisme a brûlé la graisse stockée à l’automne pour maintenir sa température pendant les gelées. La faim est là, mais la soif l’est encore plus : sa réhydratation devient la priorité absolue pour relancer ses organes.
La nuit, il traverse jardins urbains et périurbains, peut parcourir 4 à 6 km et visiter jusqu’à 16 jardins pour trouver un point d’eau. En ville, près d’un quart des hérissons finissent déjà écrasés sur les routes. Espèce protégée depuis 1981 en France, il subit chaque perte comme un choc de plus pour la population.
Seaux, bassines et gamelles : quand l’eau du jardin devient un piège
Dans un jardin ordinaire, les dangers ne manquent pas : gamelles pour chiens, seaux à moitié remplis, bassines de nettoyage, récupérateurs d’eau ouverts, bassins décoratifs ou piscines. Dès qu’un hérisson tombe dans un contenant aux parois lisses, il nage, tourne en rond, s’épuise, se refroidit, puis la noyade ou l’hypothermie arrivent en silence, sans que personne ne s’en aperçoive.
Un simple tour de terrain change tout : on vide les seaux inutiles, on couvre les récupérateurs, on limite l’eau aux coupelles très peu profondes. Dans les bacs qui restent, un bouchon de liège flotte comme un mini radeau où le hérisson peut prendre appui. Dans les contenants profonds, plusieurs bouchons enfilés sur une ficelle, reliés au bord avec une planche en biais, forment une vraie sortie de secours.
Assiette creuse pour sauver les hérissons : la cantine sécurisée à installer
La parade la plus simple se trouve pourtant dans la cuisine : une assiette creuse pour sauver les hérissons. Retournez cette assiette creuse sur quatre pierres ou briques, au-dessus d’une coupelle d’eau fraîche peu profonde et de quelques croquettes pour chat ou chien, sans poisson ni lait. La vaisselle forme un abri sec, la pluie ne fait plus monter le niveau d’eau et un passage de 12 à 15 cm laisse entrer le hérisson tout en bloquant les chats.
Tas de feuilles et de branchages secs suffisent, six hérissons sur dix quittent un abri humide. Certains prévoient deux maisons : « Un abri sert pour la nourriture et l’eau, l’autre est isolé pour qu’ils puissent dormir », a raconté une jeune bénévole au site Netmums. Sans granulés anti-limaces, avec des ouvertures de 13 x 13 cm sous les clôtures et, pour tout hérisson en détresse, eau fraîche, croquettes puis appel à un centre de sauvegarde de la faune sauvage, on réduit fortement les risques.
Sources
En bref
- En février, le hérisson d’Europe, espèce protégée, sort amaigri de l’hibernation et traverse jusqu’à 16 jardins urbains pour trouver eau et nourriture.
- Les points d’eau artificiels du jardin deviennent des pièges mortels, mais quelques vérifications et un accessoire de cuisine suffisent à limiter la noyade des hérissons.
- Un aménagement discret près d’une haie, inspiré d’astuces de centres de sauvegarde, transforme l’eau du jardin en véritable alliée pour les hérissons.
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